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A l'Est d'Istanbul, le village d'Ağva, sur la Mer noire, est entouré de forêts. On y trouve aussi de nombreuses plantations de noisetiers dont on récolte les fruits au mois d'août. Les noisettes sont mises à sécher avant d'être vendues, le plus souvent pour l'export.

La production de noisettes en Turquie

Au IVe siècle av. J.-C., Xénophon mentionne la noisette dans la ville de Giresun. 
Au ΧΙΙΙe siècle, les Génois qui ont un comptoir à Trébizonde, exportent les noisettes
turques vers l'Occident . « Le premier document relatif aux exportations de noisettes est un récit de voyage, se trouvant à la bibliothèque nationale de Madrid, écrit par Roy Gonzalez Clavio, chef de la délégation envoyée en 1403 auprès de Tamerlan, par le roi Henri III d'Espagne. D'après ce document, les Espagnols ont quitté le port de Trébizonde le 17 septembre 1403, à bord d'un navire chargé de noisettes, sous le commandement du Capitaine Nicolas COJEN, et sont arrivés à Stambul après un voyage de 25 jours » (M. Cointat, La culture du noisetier en Turquie, Revue forestière française, 1962).
Au XIXe siècle, son commerce, en particulier vers l'Europe, se développe.
La culture de la noisette se pratique dans 4 régions de la Mer noire  : Giresun, Trabzon, Rize et Ordu.  Dans les années 1920-1950, la production est d'environ 30 à 50 000 tonnes. Elle oscille dans les années 1950-1960 entre 44 et 130 000 tonnes et s'accroit par la suite.
Suite à des intempéries et à une mauvaise météo, elle chute en 2014. De  590 000 tonnes par an, près de 75% de la production mondiale, la récolte de cette année pourrait tomber à 370 000 tonnes.
Après la seconde guerre mondiale, la noisette turque entre dans la recette d'une célèbre pâte à tartiner.  

Séchage des noisettes à Ağva 

Les noisettes remplissent des remorques tirées par des tracteurs. Elles sont étalées sur de grandes bâches en plein soleil pour être, au bout de quelques jours débarassées des feuilles. 

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Un visiteur cueille des noisettes ! 

Quelques textes sur la noisette 

 
Claude Charles de Peyssonel, Traité sur le commerce de la Mer Noire, 1787
"Il sort tous les ans de Rizé douze à quinze chargements de noix et de noisettes pour diverses places de la mer Noire et pour Constantinople, d'où elles se répandent dans tout l'Empire. Les noisettes surtout sont fort estimées ; elles sont connues sous le nom kezab-fondouki , du nom d'un village du territoire de Rizé où elles font fort abondantes. Elies se vendent sur le lieu de 90 à 100 paras le quintal, et les noix de 10 à 12 paras, le millier. Le nardenk est un article immense du commerce de Rizé : il en fort chaque année une quantité infinie, qu'on peut évaluer de trente à quarante mille quintaux : il y en a de deux espèces : l'une est en cruches de 15 à 16 ocques l'une , on l'appelle desté-nardenk , et coûte 7 aspres l'ocque , l'autre est dans des tonneaux, et vaut un aspre de moins."
 
Lamarck, Encyclopédie méthodique. Botanique, 1796
Noisettier du levant ; Corylus colurna. Lin. Corylus stipulis linearibus acutis, calycibus prosunde distíílis, fructu maximo.
[...]
Cet arbrisseau diffère peu du précédent : il pourrait même trouver place parmi une des variétés que nous avons citées plus haut, cependant, comme il est originaire du levant, que ses différences ne font pas le fruit de la culture, on en a fait une espèce qui ne se distingue particulièrement de la première, que par ses fruits. Ils sont plus ronds et deux fois plus gros. Les calices sont aussi beaucoup plus grands ; ils recouvrent entièrement les fruits , ils sont profondément découpés sur leurs bords. Les feuilles font ovales, arrondies, crénelées, velues en-dessous, ainsi que sur leurs pétioles. Celles qui naissent à l'extrémité des branches sont assez généralement plus grandes que les autres. Elles ont à leur base des stipules caduques, linéaires et aiguës.
Cet arbrisseau croît naturellement dans les environs de Constantinople. On le cultive depuis longtemps dans les jardins où il s'est très-bien acclimaté.
 
Johann H. Knoop, Fructologie…, 1768
La noisette turque ou de Constantinople. Corylus Byzantina [...]  On ne trouve cette sorte [de noisette] dans ce pays-ci que chez quelques amateurs. Elle croît en Turque, et ne devient guère plus haute que de trois à six pieds ; mais cette même sorte provenuë [sic] ici de la graine devient plus grande, quelquefois même plus que les autres noisettiers. Au reste le noisetier turc produit une, deux à trois noisettes dans le même brou, qui est grand ; gros, et cotonneux en dehors; le cerneau est doux et très-agréable, mais couvert d'une écorce très dure.
 
Jean Baptiste Antoine Malisset, La boussole des spéculateurs, contenant un traité complet et méthodique de la science du commerce…, 1805
On estime assez [les noisettes] de Barcelone d' Espagne, et de Naples en Italie. On en exporte aussi considérablement de Risé et Trébisonde, dans la Turquie asiatique, elles sont très-estimées et connues sous le nom de kezal -fondouki.

Le village d'Ağva et ses environs 

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Photographies : © Jacques Scoufliaire, 2014  
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