La Tour de Galata domine le quartier moderne de Beyoglu situé dans la partie européenne de la ville.  Elle est aussi un point de repère pour le voyageur.

Une première tour aurait été construite par l'empereur byzantin Anastase Ier (491-518) ; elle fut détruite par Michel VIII Paléologue quand il autorisa les Génois à s'installer à Galata en 1261. Mais ceux-ci, pour marquer leur indépendance face aux byzantins, la reconstruirent en 1349 et la surélevèrent même en 1446 peu avant la chute de Constantinople.

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Carte postale envoyée en 1906
(N° 13, Tour de Galata, Editeur F. Loeffler, Péra, Place du Tunnel)
 
Après la prise de la ville, Mehmet II la fit réduire de 6,50 m. On y installa une prison pour les prisonniers de guerre importants. L'intérieur, en bois, fut détruit en 1791 et reconstruit rapidement.

En 1824, la tour brûla encore, fut réparée et on ajouta un toit conique qui disparut en 1875 (état sur cette photo) et qui a été reconstruit depuis.  La tour dont la base est à 47 m au-dessus de la mer et qui est haute de d'environ 50 mètres servait à repérer les incendies. Elle offre une très belle vue sur la ville.

Carte postale envoyée en Autriche en 1902
 
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Carte postale éditée par J. Ludwigsohn, Place Karakeny 21, Constantinople. Elle fut envoyée à son curé par un soldat français en décembre 1919.
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Extrait de H. Barth, Constantinople, 1913 

La grande Tour du Feu est le monument ancien le plus remarquable du quartier de Galata. Construite par Anastase Ier au déclin du Ve siècle et au commencement du VIe, elle fut encore surélevée par les Génois un peu avant la chute de Constantinople. Elle portait au moyen-âge le nom de Tour du Christ ou de la Croix. C'est une construction circulaire, d'aspect un peu lourd, s'élevant pesamment à une hauteur de 50 mètres, par-dessus la masse des maisons environnantes ; la base est à 100 mètres au-dessus du niveau de la mer. A sa partie supérieure, la tour porte une galerie, et depuis les réparations faites par Mahmoud II, elle est couronnée par deux constructions hexagonales en bois, en forme de lanterne, qui lui prêtent un aspect bizarre.

Ce vieux monument, déjà bien défiguré, a été couvert, il y a quelques années, d'une couche de peinture jaune et blanche. Il sert aujourd'hui de poste pour les veilleurs qui, jour et nuit, inspectent l'horizon, annonçant les incendies, le jour par des signes faits avec des drapeaux, la nuit par des lanternes. Aucun étranger ne manque de faire l'ascension de la tour, dès le début de son séjour ici ; car on a, du sommet, une vue magnifique à vol d'oiseau sur toute la ville et les environs. On monte assez commodément dans une vaste rotonde par un escalier éclairé de meurtrières et comptant environ 140 marches. Arrivé à la rotonde, on peut contempler le panorama délicieux qui se déroule sous les yeux, par 14 grandes fenêtres dont les niches sont disposées en forme de siège. La vue circulaire s'étend encore plus loin, si on monte jusqu'à l'étage supérieur par un escalier tournant de 40 marches ; ce nouveau belvédère ouvre aussi sur le panorama 14 fenêtres plus petites, autour desquelles court une galerie d'accès défendu.

Du haut de la tour, on peut reconnaître les restes insignifiants des murs d'enceinte datant de la période génoise. Au pied de la tour même se trouvait une porte, maintenant en ruine. Dans les petites ruelles environnantes, on retrouve toute une série de constructions provenant de l'époque génoise; elles sont faciles à reconnaître à leur tournure massive, en harmonie avec celle de la tour; ces maisons sont occupées maintenant par des entrepôts et des magasins. Le palais du Podestat attire l'attention par ses fenêtres cintrées et ses ornements byzantins, témoin mélancolique de la prospérité des temps passés. L'église Saint-Benoît, fondée par les Bénédictins qui avaient ici un couvent, date aussi de cette époque; elle est réunie maintenant à une maison d'éducation de langue française, dirigée par les Lazaristes et les Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul : dans le jardin potager il existe peut-être de vieilles citernes.