Le Français est la langue de la diplomatie au XXe siècle. L'orientaliste et diplomate Schlechta-Wessehrd rédigea ce lexique français-ottoman afin de compléter le vocabulaire de la diplomatie, de l'administration et de la justice des dictionnaires déjà existant qui ne pouvaient prendre en compte l'évolution rapide des institutions et de la langue ottomanes. 

O. de Schlechta-Wssehrd, Manuel terminologique français-ottoman : contenant les principales expressions et locutions techniques usitées dans les pièces diplomatiques, administratives et judiciaires ainsi que différents néologismes inconnus aux vocabulaires français-turcs en usage. 
Vienne, Imprimerie impériale, 1870, vii, 400 p.

L'auteur présente cet ouvrage comme un complément aux dictionnaires existant où les dernières traductions ne peuvent figurer. Certaines notions de droit ou de politiques étaient parfois inconnues dans l'empire ottoman et les traducteurs turcs devaient créer des néologismes. 

Schlechta a puisé ses informations dans les documents officiels auxquels il avait un accès facile en tant que diplomate. Il envisageait également de publier des compléments qui ne virent pas le jour.

Pour le texte turc, il n'utilise que les caractères arabes sans aucune transcription en caractères latins.

Accessible ici : http://menadoc.bibliothek.uni-halle.de/ssg/content/titleinfo/952918

Avant-propos

La propagation toujours croissante des idées et des institutions de l'Europe dans l'Empire ottoman n'a pas manqué de réagir sensiblement sur la langue dominante du pays. 

Cette influence se fait surtout remarquer par rapport au style ainsi dit officiel, usité dans la correspondance diplomatique et dans les pièces administratives et judiciaires. 

S’inspirant de plus en plus de modèles d'origine étrangère, ce style s'est enrichi d'un nombre considérable de termes et de locutions et tournures de phrase techniques qu’on chercherait en vain, pour la plupart, dans les meilleurs vocabulaires français-turcs dont la publication date, comme on le sait, d’une époque antérieure au mouvement novateur auquel je viens de faire allusion. 

Réparer, ne fût-ce qu’en partie, cette lacune des dictionnaires, et épargner par là au futur traducteur des recherches toujours pénibles et très souvent infructueuses, voilà le but que je m'estimerais heureux d'avoir atteint par le présent travail. C'est le fruit du dépouillement consciencieux d'une série de notes et de dépêches diplomatiques, ainsi que des différents codes, ordonnances et règlements contenant la nouvelle organisation politique, administrative et judiciaire de l'Empire, émanés de la S. Porte, en langue turque, dans l'espace des vingt dernières années. 

Les néologismes d'une portée plus générale que j'ai ajoutés aux termes proprement dits, ont été tirés des journaux ottomans les mieux rédigés de Constantinople. 

Un séjour de plus de douze ans passés dans cette capitale comme Secrétaire-Interprète et Premier Interprète de l'Internonciature Impériale et Royale d'Autriche, et les relations aussi suivies qu’intimes que je me félicite d'avoir entretenues pendant ce temps avec les personnes les plus versées dans ce genre de rédaction, m'ont également fourni bien des notes et des souvenirs dont j'ai pu profiter dans cette publication. 

Il me reste une observation à faire sur la réserve que j'ai cru devoir m'imposer quant au choix des matières consignées dans ce manuel. 

Le droit de fixer sa terminologie appartient, à ce qu'il me semble, en premier lieu à la nation même dont la langue se trouve engagée dans la question. 

Partant de ce principe, j'ai donc eu soin de m'abstenir de toute initiative à cet égard, et de n'admettre ici que des expressions et des locutions techniques déjà reçues, c'est-à-dire empruntées, soit aux documents officiels, soit aux autorités compétentes dont il a été fait mention plus haut. 

Dans les cas, d'ailleurs peu fréquents, de dérogation à cette règle, je n'ai pas manqué de signaler l'exception, en ajoutant un point d'interrogation à la phrase ou au terme respectifs. 

J'ai, en outre, autant que cela paraissait compatible avec le but de l'ouvrage, évité d'y reproduire des versions figurant dans les dictionnaires de Bianchi et de Handjéri, tout orientaliste traduisant du français en ture étant censé familiarisé avec le contenu de ces deux ouvrages. 

Rédigé dans ces conditions, et vu l'insuffisance des sources auxquelles il m’a été permis de puiser, ce recueil ne saurait guère être aussi complet que l'étendue du sujet qu'il traite le rend désirable. 

J'espère toutefois pouvoir remédier à cet inconvénient par des appendices que je compte publier au fur et à mesure que de nouvelles données officielles m'en fourniront les éléments nécessaires. 

Les pages finales de ce volume en offrent un premier échantillon renfermant les matières qui se sont présentées durant l'impression. 

Du reste, l'activité vraiment imposante avec laquelle le Cabinet actuel de Constantinople poursuit l'oeuvre salutaire des réformes intérieures, favorise puissamment ce projet et semble en garantir d'avance la prompte réalisation.