Murat Ier ou Mourad, fut le troisième sultan ou empereur des Turcs. Né en 1319, il monta sur le trône en 1360, après la mort d'Orcan, son père, fils d'Othman, qui avait fondé la dynastie si célèbre des Othmanides ou Ottomans. Pendant un règne de vingt-neuf années il remporta trente-sept victoires et fut surnommé le Conquérant et l'Ouvrier de Dieu [Hüdavendigâr]. La prise d'Ancyre, aujourd'hui Ankara, dans l'Anatolie, signala son avènement à la couronne. Ses prédécesseurs n'avaient fait que des incursions en Europe. Murat fut le premier sultan qui y étendit sa puissance et y établit sa domination ; devenu maître de la Thrace, de la Thessalie et de la Macédoine, il transféra le siège de son empire à Andrinople [Edirne] mais Pruse ou Bursa, qui avait été jusqu'alors la capitale des Turcs, fut embellie par ses soins. Chaque année de nouveaux triomphes illustraient les armes ottomanes, et bientôt les empereurs Grecs furent réduits à ne régner que sur Constantinople et ses faubourgs.

Création des janissaires
Murat institua la fameuse milice des janissaires ou nouveaux soldats, armée permanente formée d'abord de jeunes prisonniers chrétiens, et qui, longtemps la terreur des ennemis, fût souvent si redoutable et si funeste aux sultans.
Au moment de leur formation, un derviche placé à la tête de leurs rangs, leur donna sa bénédiction en prononçant ces paroles : "Qu'on les nomme janissaires ou nouveaux soldats ; puisse leur valeur être toujours brillante, leur épée tranchante, et leur bras victorieux ! puissent tous leurs traits porter à la tête de leurs ennemis, et puissent-ils revenir blancs de toutes leurs expéditions" [extrait de Michaud].
Au moment de la création des janissaires, aussi heureux qu'entreprenant, Murat était sévère et cruel dans sa vengeance; il punissait le crime jusque dans sa propre famille. Un de ses fils, nommé Contuze [en réalité il s'agit de son fils Savci], ayant formé le projet de se rendre souverain des provinces dont le gouvernement lui avait été confié, et même du trône son père lui fit crever les yeux. La ville de Didymotique s'était révoltée en faveur de Contuze [Savci] par l'ordre du sultan, les soldats de la garnison furent précipités du haut des murailles dans l'Ebre, et les habitants forcés de faire mourir eux-mêmes ceux de leurs enfants qui avaient pris part à la rébellion. Voici pourtant un trait de clémence de ce conquérant : Manuel Paléologue, que Jean Paléologue, son père, avait associé, à l'empire, conçut le dessein de chasser les Turcs des villes de Thrace dont ils étaient maîtres. Déjà il pratiquait des intelligences secrètes parmi les habitants de Phères. Instruit de cette trame, le sultan charge un de ses généraux de prendre Thessalonique, résidence de Manuel, et de lui amener le jeune prince enchaîné. Manuel s'échappa sur une simple galère, et vint dans Bursa se jeter aux pieds de Murat, qui lui pardonna.

Bataille de Kosovo en 1390
C'est au sein même de la victoire que Murat trouva la mort ; alarmés de son ambition et de l'accroissement de sa puissance, les peuples de la Macédoine et de l'Albanie, Valaques, Hongrois, Dalmates, Serbes, forment une ligue sous le commandement de Lazare, prince de Serbie. Murat s'avance contre les confédérés. Les deux armées se recontrent dans les plaines de Kosovo, l'an 1390. Après une bataille opiniâtre et sanglante Lazare est fait prisonnier, les chrétiens sont mis en fuite ou taillés en pièces. En parcourant ce champ de carnage, le sultan s'étonnait de le voir jonché de jeunes gens « Des hommes dans l'âge de la raison n'auraient pas osé vous résister, » lui répondit son vizir tout à coup un soldat serbe, caché parmi les cadavres, s'élance sur Murat et lui porté un coup mortel. D'autres historiens prétendent qu'un transfuge chrétien, qui était passé dans son camp, le tua d'un coup de couteau en feignant de lui baiser la main. A la vue de leur empereur expiré, les Ottomans relèvent sa tente, le placent dessous, reprennent leurs rangs massacrent le prince de Serbie et tous les chefs prisonniers. Ainsi périt Murat Ier, à l'âge de 70 ans, après en avoir régné 29 et donné le plus haut essor à la gloire ottomane.
 
extrait de l'Encyclopédie du dix-neuvième siècle : répertoire universel des sciences, des lettres et des arts, avec la biographie de tous les hommes célèbres, 1837

A lire, la biographie plus complète par Jouannin (1840) : GHAZI-SULTAN-MURAD-KHAN, Dit KHOUDAWENGHIAR

 

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