extrait de Elisée Reclus, Nouvelle géographie universelle, 1894

[FLORE]

De même que pour son climat, de même pour sa flore, l’Asie Mineure appartient à deux aires distinctes : le « fer à cheval anatolien » fait partie de la zone méditerranéenne ; les plateaux de l'intérieur continuent à l'ouest les steppes de l'Asie Centrale (2). Dans cet espace enfermé des hautes terres la flore est relativement pauvre et la végétation réduite à une courte activité printanière. Mais quelle variété sur le pourtour, grâce à la transition qui s'opère de chaque zone anatolienne à celles des contrées voisines !

2. Grisebach, La Végétation du Globe, trad. par Tchihatcheff.

Ainsi la flore du Pont, d'une extrême richesse, continue celle de la Mingrélie ; la Troade, l'un des « paradis du botaniste », a toutes les plantes de la Macédoine et de la Thrace à côte de représentants de la flore asiatique (1) ; les deuxionies, en Asie et en Europe, ont échangé leurs espèces à travers la mer Egée ; sur les côtes méridionales de l'Anatolie, la Cilicie prolonge le littoral syrien et mainte plante égyptienne s'y est acclimatée. Ainsi, pour l'histoire des espèces végétales comme pour celle des hommes, la Péninsule est un pays de passage entre les trois continents d'Europe, d'Asie et d'Afrique. La flore méditerranéenne est représentée surtout par des arbrisseaux qui prennent sur les pentes des montagnes d'Anatolie un développement extraordinaire : les arbousiers, les lauriers de Perse y deviennent de véritables arbres ; les troncs des myrtes ont en maints endroits un demi-mètre et jusqu'à un mètre de tour (2), L'Anatolie est la région du monde la plus riche en espèces de chênes : la France en a 12 seulement ; entre le Pont-Euxin et la mer de Chypre on en compte 52 , dont 26 ne se retrouvent point ailleurs (3).

La plus vaste forêt de l'Asie Mineure est l'Agatch-deniz [Ağaç deniz] ou la « mer d'Arbres », qui s'étend à l'est du Sakaria, dans les montagnes de Boli, et où de nombreuses scieries sont à l'œuvre, sans avoir encore fait perdre aux sommets leurs nappes de verdure. Tous les versants septentrionaux des chaînes parallèles au Pont-Euxin sont richement boisés, et l'on trouve aussi des forêts dans les vallées intermédiaires et dans les cluses des torrents (4). La mer d'Arbres fournit des bois de construction et de mâture à la marine turque ; mais, en général, l'aménagement forestier est des plus mal compris. Dans les régions de l'intérieur, loin des routes, le bois ne peut être utilisé que pour le chauffage. On attend que l’arbre soit renversé par la tempête ou qu'il tombe de vieillesse, puis on en coupe les branches pour les emporter à dos de mulet et l'on creuse légèrement le tronc à la partie supérieure afin d'y faire séjourner l'eau de pluie et de hâter ainsi la décomposition du tissu ligneux. Quelques années se passent, l'arbre tombe on morceaux, et l'on n'a plus qu'à donner quelques coups de hache pour le dépecer en bois de chauffage. En Carie, on n'exploite pas autrement les forêts de l'intérieur, à moins qu'on n'ait recours au procédé plus expéditif de brûler les bois, pour en ramasser les débris carbonisés (5).

1. Sentenis, Notes manuscrites.
2. Ch. Fellows, Travels and Researches in Asia minor.
3. Tchihatcheff, Weekly Times, sept. 1, 1882.
3. G. Perrot, Notes manuscrites.
4. Ch. Fellows, ouvrage cité.

L'étagement des zones de végétation sur les pontés des montagnes ne se voit en aucune partie de l’Anatolie mieux que sur les escarpements méridionaux du Taurus cilicien. A la base, des groupes de palmiers, des vergers entourés de haies d'aloès indiquent la région subtropicale ; sur les premières collines se montrent les grands arbres à feuilles caduques ; plus haut les conifères s'emparent du sol : d'abord, les pins de couleur sombre, puis les nombreuses espèces de genévriers, puis les sapins de la Cilicie et les cèdres. Dans aucune partie de l'Asie Mineure ou de la Syrie, même sur les pentes du Liban, on ne trouve de cédrières comparables à celles qui ceignent les escarpements du Boulgar-dagh jusqu'à 2000 mètres d'altitude. Plusieurs millions de cèdres admirables y croissent en groupes au-dessus de la mer des pins, des sapins et des genévriers ; mais là aussi se propagent les incendies allumés par les pâtres dans les broussailles et souvent des milliers d'arbres flambent à la fois : on dirait un fleuve de lave s'épanchant de la montagne. Au-dessus de la zone forestière s'étend la brousse, qui remplace les hauts pâturages d'Europe. Dans le Taurus cilicien, on ne trouve que rarement des pentes gazonnées, si ce n'est au bord des sources ; jusqu'au pied des rocs arides et jusqu'aux stries de neige, croissent des plantes ligneuses et des arbrisseaux au feuillage d'un beau vert. A une hauteur où les montagnes d'Europe n'offrent que la surface uniformément grise du pâtis, des touffes de fleurs aux couleurs éclatantes émaillent le sol, donnant à ces régions silencieuses une variété d'aspect dont les pâturages des Alpes ne peuvent donner aucune idée (1). Au nord-est de l'Asie Mineure, les montagnes pontiques présentent une ressemblance beaucoup plus grande avec les monts de l'Europe centrale, mais elles sont plus riches ; en mainte prairie on peut voir jusqu'à deux cents espèces de plantes alpines. Une même croupe peut appartenir par l'un de ses versants à la zone pontique et par l'autre à la zone des steppes : de ce côté les plantes sont espacées et d'un type uniforme ; de loin leur vert grisâtre se détache à peine des couleurs ternes de l'argile ou de la pierre (2).

1. Kostchy, Reise in den Cilicischen Taurus.
2. Griesbach, ouvrage cité.

Les botanistes ont constaté que des colonies d'espèces étrangères se rencontrent sur les terrains où s'étaient établis des immigrants. C'est ainsi que, parmi les débris des forteresses élevées par les Génois et les chevaliers de Rhodes sur quelques promontoires et sur des îlots de la côte méridionale, naissent des saponaires et autres plantes d'Europe, descendant de celles que semèrent les Occidentaux, il y a six ou sept siècles ; elles ne fleurissent en aucun district éloigné des édifices bâtis par les Ghiaours (1). Il est aussi des vergers que la tradition dit avoir été plantés par les Croisés ou par les Génois ; noyers, pommiers et cerisiers se succèdent dans le même vallon sans avoir empiété sur le sol environnant ou sans que leur domaine ait diminué depuis la disparition des infidèles. Mais si l’Anatolie a reçu dans les derniers siècles quelques espèces végétales apportées par les Européens, elle a donné bien davantage. Au seizième siècle, les premiers jardins botaniques de l'Occident ne furent en réalité que des écoles d'acclimatement pour les végétaux levantins : c'est alors que Pierre Belon introduisit en France les chênes-verts, l'arbre de Judée, l'agnus castus, les sumacs, le genévrier d'Orient, les mûriers blanc et noir, le viburnum tinus, le jujubier, le diospyros lotus, le myrte et tant d'autres plantes de l'Anatolie (2).

Il ne se fait guère de plantations nouvelles en Asie Mineure, si ce n'est dans les régions de vignobles. Nulle part n'a commencé l'œuvre si nécessaire du reboisement ; on se borne à élever autour des villes et des villages les quelques arbres qui sont devenus, pour ainsi dire, les compagnons inséparables de l'homme : le platane, qu'il associe à son repos, à ses prières, à ses jeux, à toute sa vie domestique ; le cyprès, qui veille sur les morts. Il n'est pas de contrées où ces arbres soient plus beaux et plus respectés que sur le littoral anatolien. Le platane semble éveiller les idées riantes : son feuillage mobile, agité par la moindre brise, rafraîchit l'atmosphère ; assez dense pour éteindre l'ardeur du soleil et ne laisser pénétrer qu'une lumière cendrée, il n'est pas assez touffu pour cacher la vue du ciel ; le regard s'étend au loin entre les fûts et les rameaux à l'écorce claire, sans aucune régularité monotone. L'habitude a fait du platane un arbre presque sacré : maints villageois, trop pauvres pour dresser un minaret à côté de leur mosquée, érigent une plate-forme en bois sur la branche horizontale d'un platane, d'où le muezzin appelle à la prière, entouré de pigeons qui picorent les grains épars répandus à ses pieds. Le cyprès reçoit aussi une part de la vénération que l'on porte aux aïeux ; mais il n'a point la rigidité morne de ses congénères de l'Occident : plus haut et plus large, il a le port moins régulier, la ramure plus libre, et forme des massifs admirables ; le cimetière est d'ordinaire ce que la cité d'Orient a de plus beau.

1. Kotschy, ouvrage cité.
2. Lavallée, Société nationale et centrale d’Horticulture, sept. 1883

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[FAUNE]

Le déboisement a eu pour conséquence la disparition d'un grand nombre d'espèces animales. Ainsi le lion, que le témoignage des anciens nous dit avoir habité toutes les régions de la Péninsule et qu'on vit encore au temps des Croisades, ne se rencontre plus, si ce n'est peut-être dans les gorges les plus écartées du Taurus de Lycie (1), où vivrait aussi un grand félin, auquel les Turcs donnent le nom de kaplan et qui serait un léopard : peut-être est-ce une panthère, comme celle qui rôde encore dans les montagnes du Tmolus (2). L'hyène n'est pas complètement exterminée, et la nuit on entend partout le vagissement des chacals, auxquels répondent de chaque village les aboiements des chiens. Dans les régions orientales, le chacal est moins commun que sur les côtes ioniennes et dans le centre de la Péninsule : il est en partie remplacé par le loup brun et le loup noir ; le renard n'est pas aussi fréquent en Asie Mineure que dans l'Europe méridionale : les carnassiers sont représentés surtout par diverses espèces de chiens à demi sauvages qui errent dans les rues des grandes villes. On sait qu'à Constantinople ces animaux faméliques, fouillant dans les tas d'ordures et s'assemblant en bandes, le museau tendu, la narine frémissante, autour des carcasses qui pendent devant les boucheries, sont rarement atteints d'hydrophobie, si même ils le sont jamais. Dans ses voyages à travers toutes les parties de la Péninsule, M. de Tchihatcheff vit fréquemment des chiens dits « enragés », mais jamais les personnes mordues ne succombèrent à leurs blessures. Dans les environs de Smyrne cependant il y aurait de rares exemples d'accidents mortels, survenus après la morsure de chiens, de loups ou de chacals hydrophobes : le remède employé par les bergers est une décoction de racines amères (3).

Le gros gibier que les chasseurs poursuivent dans les forêts d'Europe se trouve aussi en Asie Mineure. Le sanglier est très commun en certaines régions de la Péninsule, les Turcs ayant répugnance à le chasser. Le grand cerf est assez rare, mais le daim et le chevreuil se voient en troupeaux. La gazelle, que ne possède pas la faune européenne, parcourt les plaines de la Cilicie Champêtre, sur les frontières de la Syrie, et probablement d'autres espèces d'antilopes habilept les plateaux. L'œgagre ou chèvre sauvage parcourt les montagnes du Taurus cilicien et de l'Anti-Taurus, voisines des régions où la chèvre apparaît comme animal domestique dans les temps anciens. Or l'aegagre a les proportions, les formes extérieures, les cornes de la bête apprivoisée ; il est donc probable qu'elle a donné naissance à la race domestique. Les hautes steppes et les montagnes sont également parcourues par des moutons sauvages, variété de mouflons que l'on croit être la souche du mouton européen.

1. Ch. Fellows, Tchihatcheff, ouvrages cités.
2. G. Perrot, Notes manuscrites.
3. Impartial de Smyrne, octobre 1883.

La Péninsule, patrie de tant d'espèces végétales, a donné ainsi à l’humanité deux de ses animaux domestiques les plus précieux. Quant à la chèvre d'Angora, si remarquable par l'éclat et la finesse de son poil soyeux et frisé, les naturalistes se demandent si elle est bien d'origine anatolienne, car aucun auteur classique ne parle de cet animal, qui eût été cependant de nature à les frapper, et bien qu'ils mentionnent tous les moutons dont la laine servait à tisser des étoffes estimées, nul ne signale l'emploi du poil de chèvre pour la fabrication des tissus fins. C'est aux tribus turques immigrées dans la Péninsule, au onzième et au douzième siècle, que M. de Tchihatcheff attribue l'introduction des chèvres d'Angora, et il n'est pas éloigné de placer le lieu d'origine des émigrants et de leurs troupeaux dans une vallée de l'Altaï, celle de la Boukhtarma, affluent de l'Irtich ; cette région est célèbre dans toute la Sibérie par la beauté de ses chats, plus remarquables encore que ceux d'Angora, et se distinguant comme les chèvres du pays par les ondes soyeuses de leur poil, ce qui semble indiquer des conditions analogues dans le climat. Quoi qu'il en soit, la chèvre d'Angora occupe actuellement un territoire peu étendu, environ 40 000 kilomètres carrés, et dans ce domaine elle ne prospère que sur les plateaux et dans les vallées .dont l'altitude n'est pas inférieure à 600 mètres et ne dépasse pas 1600. L'ensemble des troupeaux comprend quatre à cinq cent mille chèvres. L'acclimatement de ces animaux précieux est très difficile, le moindre déplacement détériorant la qualité de la laine ; cependant la zone d'habitation de l'animal s'est récemment accrue. Quant à la race ovine, la variété la plus commune est celle des karamanli ou moutons à grosse queue, qui domine aussi en Syrie, dans la région des steppes asiatiques et jusque dans la Russie méridionale. Sur tous les plateaux unis et dans les plaines on ne voit guère que des troupeaux de moutons ; la chèvre a pour domaine exclusif les escarpements des montagnes. Partout le sol des steppes est percé de galeries par les gerboises.

De tout temps les bœufs ont été rares en Asie Mineure, et dans certains districts il serait même difficile de les nourrir, les pâturages n'offrant qu'une herbe trop courte aux grosses lèvres de l'animal. Il parait qu'il existe dans l'Anatolie sud-occidentale quelques zébus, semblables à ceux de l'Inde par la bosse dorsale et les petites cornes mobiles. Mais l'espèce bovine la plus commune est le buffle, qui peuple les bords de rivières et les régions marécageuses sur tout le pourtour de la Péninsule : il est même des contrées, — telles les marais formés par les lits errants du Seïhoun et du Djihoun, — où le buffle vivrait encore à l'état sauvage ou bien y serait retombé.

Le seul chameau que possède l'AnatoIie est l'espèce à bosse unique, utilisée comme bête de somme et non comme animal de course. Tandis qu’ailleurs chameaux et dromadaires ne peuvent traverser que les sables, les argiles, les nappes salines du désert, les chameaux de l'Asie Mineure se sont graduellement accommodés à marcher sur les escarpements des monts, où d'ailleurs ils ne portent qu'une faible charge, à peine 100 kilogrammes. Ils sont devenus même plus habiles que le cheval à gravir les sentiers rocheux, mais aussi avec quelle précaution posent-ils leurs pieds sur le sol ! ils marchent sans qu'on entende le bruit de leurs pas. La caravane ne se révèle que par le son des clochettes suspendues au poitrail des animaux adultes. Le convoi est généralement composé de sept à neuf bêtes, rattachées les unes aux autres par une corde comme des bateaux à la remorque ; mais ce n'est point à un animal de haute taille que l'on a confié la tête du convoi : le conducteur est presque toujours un petit âne ; l'homme qui le monte, tenant son fusil devant lui, touche presque le sol de ses pieds ballants, et au-dessus de sa coiffure le cou du premier chameau se recourbe en arcade. En Asie Mineure le chameau n'a plus cette antipathie contre le cheval, l'âne ou le mulet qu'il manifeste ailleurs ; le cheval, parfaitement familiarisé avec lui, pait à son côté et se laisse attacher à la même mangeoire ; M. Ernest Desjardins a vu des chameaux et des ânes attelés au même joug. Depuis le douzième siècle, époque de l'introduction probable du chameau comme bête de somme dans l'Asie Mineure, tous les animaux qui accompagnent le Turc nomade ont eu le temps de devenir amis. L'immigration du chameau dans l'Anatolie est un des signes les plus frappants des changements territoriaux et politiques accomplis : il symbolise la substitution de la civilisation orientale à celle des races méditerranéennes. Même les chevaux actuels de l'Asie Mineure paraissent être pour la plupart le produit du croisement des races de l'Orient ; comme les chevaux turkmènes, ils ont les jambes longues et la tête un peu forte relativement au corps, et ressemblent aux races de la Perse par le port de la queue ; très forts, d'une rare endurance, ils gravissent les pentes les plus ardues ; c'est dans les régions orientales, dans les provinces les plus rapprochées de l'Arménie et de la Perse, qu'ils se distinguent par les formes les plus élégantes. Ils sont relativement peu nombreux, et soit comme bêtes de somme, soit comme montures, peuvent être remplacés par les chameaux et les ânes. Ces derniers, petits, abâtardis, souvent couverts de plaies, ne ressemblent nullement aux baudets superbes de Syrie ou d'Egypte, ni aux onagres que les auteurs nous disent avoir parcouru en multitudes les plateaux du Centre et dont on trouverait encore quelques représentants dans les régions boisées d’Anatolie orientale (1). Les habitants de l'Asie Mineure emploient aussi des mulets, qu'ils apprécient plus que le cheval comme bête de chaîne et comme monture. Des traditions, rapportées par l’lliade, attribuent à une peuplade de la Péninsule les premiers élevages de mulets.

Une des espèces les plus caractéristiques de l'Asie Mineure est la cigogne : il est difficile de se représenter un paysage anatolien sans voir ces oiseaux, perchés sur un cyprès, ou bien volant, le cou tendu, les pattes allongées. Il est des villages où les familles de cigognes sont plus nombreuses que celles des hommes ; quand la charrue retourne le sillon, c'est par bandes que les échassiers suivent le laboureur pas à pas ; lors des migrations annuelles, des quartiers d'été en Asie Mineure aux quartiers d'hiver en Egypte, on en voit parfois jusqu'à vingt-cinq ou trente mille réunis au bord des marais (2). Les cigognes, de même que les corneilles, les pies, les hirondelles, sont de précieux alliés pour le cultivateur quand les nuages de sauterelles s'abattent sur les campagnes ; mais l'oiseau que les indigènes accueillent le plus volontiers est le smarmar {turdus roseus) , merle rose aux ailes noires, qui poursuit la sauterelle avec rage, tuant les insectes, non seulement pour s'en nourrir, mais aussi pour le plaisir d'exterminer. Un ingénieur français, M. Amat, a vu les habitants d'un village camper sous la tente pour laisser les oiseaux de carnage nicher commodément dans leurs maisons.