Edhem-pacha, homme politique ottoman, né vers 1823, est un des premiers, parmi ses compatriotes, qui aient été envoyés en France pour y faire leurs études. Il fut amené à Paris, en 1831, par M. Amédée Jaubert, avec quatre autres enfants d'origine circassienne, et placé dans l'institution Barbet. De 1835 à 1838, il suivit, comme externe, les cours de l'Ecole des mines et fit, durant cet intervalle, diverses excursions en France, en Suisse et en Allemagne, pour l'étude de l'exploitation des mines.
De retour à Constantinople, il fut attaché à l'état-major de l'armée avec le grade de capitaine, exécuta divers travaux topographiques qui lui valurent successivement les grades de chef de bataillon, de lieutenant-colonel et de colonel, et fut nommé membre du conseil des mines lors de sa formation.
En 1849, le sultan l'attacha à sa personne en qualité d'aide de camp. A partir de cette époque, sa faveur crût rapidement; il devint, dans un court espace de temps, général de brigade, puis général de division, et chef de la maison militaire du sultan, qu'il accompagna dans son voyage en Asie Mineure dans le courant de 1850.
En 1854, il se rendit en Serbie comme commissaire de la Porte chargé de présenter au prince Alexandre Karagtorgevitz le hatti-chérif confirmant les immunités de la Serbie. Démis sans cause apparente, vers le milieu de 1856, des fonctions qu'il occupait au palais, il ne tarda pas à être nommé membre du conseil du tanzimat, puis ministre des affaires étrangères en remplacement d'Aali-pacha, avec le grade de muchir. Edhem-pacha ne garda qu'un an ce poste auquel il avait été appelé par le crédit de Reschid-pacha, dont il suivait la politique.
Appelé en 1875 au poste d'ambassadeur de la Turquie à Berlin, Edhem-pacha fut aussi désigné pour être représentant de la Porte à la conférence de Constantinople (novembre 1876) et l'on remarqua que M. de Bismarck refusa de le recevoir quand il demanda une audience de congé. Bientôt après (février 1877) il fut nommé grand vizir en remplacement de Mildhat exilé ; mais les difficultés de toute nature auxquelles se heurtait son autorité lui firent donner sa démission (11 février 1878). Il fut depuis nommé ambassadeur à Vienne.
Il est mort en 1893.

Source : Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains 

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