Abdul-Hamid II., Sultan of Tur... Digital ID: 495661. New York Public Library
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Les portraits ci-dessus représente Abdulhamid II jeune.

Notice extraite de Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, 1893
Cette notice s'arrête à l'année 1890.

ABD-UL-HAMID, 34e sultan de la dynastie des Ottomans ou d'Othman, né le 22 septembre 1842, est le second fils du sultan Abd-ul-Medjid. Il succéda, le 31 août 1876, à son frère aîné, Mourad V, déclaré incapable, comme atteint d'aliénation mentale, et déchu du trône après trois mois de règne. Arrivé au pouvoir dans des circonstances difficiles, aptes uue banqueroute de l'État qui avait ruiné tout crédit, il se trouvait en face de l'insurrection menaçante dans la plupart des provinces de la Turquie d'Europe; le nouveau sultan crut pouvoir remédier à cet état de choses en octroyant le 23 décembre 1876 une constitution qui déclarait tous les sujets de la Porte égaux devant la loi. Le vieux parti turc ayant alors accusé le grand vizir Midhat pacha de vouloir proclamer la république en Turquie, le sultan congédia son ministre (4 janvier 1877), et la constitution proclamée ne fut point mise en vigueur.

D'autres dangers éclataient. Le 24 août 1877, la Russie déclarait la guerre a la Turquie qui, malgré des succès partiels de l'armée turque, aboutissait à un écrasement final, et obligeait le sultan à demander la paix et à signer le traité de San-Stefano (3 mars 1878), entraînant le démembrement de la Turquie. La Roumanie et la Serbie recourraient leur indépendance, la Bulgarie était érigée en principauté autonome; la Russie s'adjugeait en Europe le territoire de la Dobroudja et annexait en Asie Kars et le territoire avoisinant cette forteresse, sans compter une forte indemnité de guerre. Mais les puissances européennes n'acceptèrent qu'avec des réserves le traité de San-Stefano ; un congrès réuni à Berlin, le 13 juin 1878, rectifiait sur certains points les prétentions de la Russie, réglait l'évacuation des troupes russes du territoire turc, attribuait la Bosnie et l'Herzégovine à l'Autriche et l'île de Chypre à l'Angleterre. Depuis ces grands événements, la politique extérieure du sultan est restée flottante entre les influences de l'Angleterre et de l'Autriche d'une part et de la Russie de l'autre. En 1881, la Grèce réclame la rectification de sa frontière Nord, promise par l'une des clauses du traite de Berlin, et obtient par son attitude menaçante la cession de la Thessalie et le sud de l'Epire (2 juillet 1881). L'année suivante, malgré l'imitation des puissances, le sultan, toujours indécis, refuse d'intervenir en Egypte, et sa protestation contre le bombardement d'Alexandrie par les Anglais reste sans effet (12 juillet 1885). Le 10 septembre 1885, une révolution éclate à Philippopoli, et les conjurés proclament la réunion de la Roumélie orientale avec la Bulgarie, sous le prince Alexandre. Cette audacieuse violation du traité de Berlin provoqua une protestation de la Porte, mais devant l'indifférence des puissances, le sultan, quoique soutenu par la Russie, est obligé de subir les faits accomplis et de reconnaître le prince Alexandre comme gouverneur général de la Roumélie orientale pour une période de cinq années (31 janvier 1880). Ce dernier, après un premier refus, consent finalement a accepter le firman d'Abd-ul-Hamid. Cette situation irrégulière, qui enlevait de fait une province de plus à la Turquie, continuait sons le nouveau prince de Bulgarie, Ferdinand de Cobourg, et en juillet 1890, le sultan, influencé par l'Angleterre, l'Autriche et l'Italie, accordait, sur la demande du président du cabinet bulgare, M. Stamboulov, les berats, c'est-à-dire l'investiture aux évêques bulgares en Macédoine, malgré le mécontentement de la Russie et de la Grèce.

A l'intérieur, la déplorable situation financière de la Turquie n'a permis au sultan d'entreprendre aucune réforme appréciable ; la réorganisation de l'armée, confiée à des officiers allemands, n'avança que fort lentement; les troubles en Arménie et surtout en Crète amenèrent des mesures de rigueur et, après de sanglantes répressions, une proclamation d'amnistie (décembre 1889). Au mois de novembre 1889, la réception solennelle à Constantinople de l'empereur et de l'impératrice d'Allemagne sembla marquer une tendance de la Sublime Porte à se prêter aux relations personnelles avec l'Europe. D'autre part, le gouvernement turc continue de protester contre les atteintes qu'il est forcé de subir, et en juillet 1890, il fait remettre à Londres une note dans laquelle il demande de fixer l'époque à laquelle l'Angleterre évacuera l'Egypte.