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Comte de Bonneval, Kumbaraci Ahmet Pasa (1675-1747) Version imprimable Suggérer par mail
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Comte de Bonneval, Kumbaraci Ahmet Pasa (1675-1747)
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Claude-Alexandre, comte de Bonneval est une des figures emblématiques des relations entre la France et l'Empire ottoman. Ce personnage romanesque est souvent cité dans les textes du XIXe siècle : à la suite de querelles, il passa du service de la France à celui de l'Autriche, puis à celui de l'empire ottoman, il mourut à Istanbul où on peut toujours voir sa tombe.

Il joua un rôle non négligeable dans l'histoire diplomatique comme le montre la dépêche de l'ambassadeur Castellane qui décrit aussi les circonstances de sa mort.
Grâce à ses connaissances, le sultan put engager d'importantes réformes dans l'armée qui lui vaudront le nom turc Kumbaraci Ahmet Paşa, kumbaraci signifiant bombardier.

Coumbaradji [kumbaraji], ou officier des bombardiers,
vers 1808-1826 (il ne s'agit pas du comte de Bonneval)

La singularité de son destin amène la publication d'écrits apocryphes comme les Mémoires du comte de Bonneval édité à plusieurs reprises à la fin du XVIIIe siècle et qui paraissent avoir connu un grand succès.
Casanova le cite dans ses Mémoires, le prince de Ligne (1735-1814) publie un ouvrage intitulé Mémoire sur le Cte de Bonneval, suivi des lettres de la Cesse de Bonneval à son mari, de celles du comte à son frère, etc. Nouvelle édition... [par Antoine Barbier] du procès du Cte de Bonneval... et de deux mémoires de ce comte sur la tactique, 1817, XII, 267 pages.
La Biographie universelle (1843) lui consacre une longue notice ; Alfio Grassi, dans sa Charte turque (1825) cite une épitaphe qui aurait été écrite à la demande du Divan  ; Vaillant écrit de lui un véritable éloge dans la Revue de l'Orient, de l'Algérie et des colonies en 1848.

Sainte-Beuve, dans les Causeries du lundi, tome V (lundi 22 mars 1852), en fait un personnage plutôt négatif:

"L'exemple de Bonneval nous prouve, ce semble, qu'il faut quelque point d'arrêt, quelque principe, je dirai même quelque préjugé dans la vie : discipline, subordination, religion, patrie, rien n'est de trop, et il faut de tout cela garder au moins quelque chose, une garantie contre nous-mème. Dès sa retraite chez l'Empereur, Bonneval s'accoutume à être renégat et à ne suivre pour loi qu'un prétendu honneur personnel dont il se fait juge, et qui n'est que la vanité exaltée. Cela le mène, de cascade en cascade, lui si brillant d'essor et si chevaleresque, à sa mascarade finale et à dire : Tout est farce, et la moins sérieuse est la meilleure. Il est vrai qu'il garde, à travers tout de l'honnête homme, c'est-à-dire de l'homme aimable ; mais cet honnête homme à quoi sert-il? Quelle trace utile a-t-il laissée? Dans quel pays, dans quel ordre d'idées et de société, put-on dire de lui, le jour de sa mort, ce mot qui est la plus enviable oraison funèbre : C'est une perte.

Nous avons toutefois à Bonneval une obligation, c'est de nous avoir fait connaître la douce, la pure et touchante figure de sa femme. La comtesse de Bonneval a sa physionomie à part dans la série des femmes françaises qui ont laissé, sans y songer, l'image de leur âme en quelques pages."

En 1885, l'historien Albert Vanda publie la biographie très complète, écrite à partir de documents d'archives (Le pacha Bonneval, Au Cercle Saint-Simon, 87 pages, accessible gratuitement sur le site archive.org), de celui qui "ne fut pas seulement un personnage romanesque, comme l'affirme Sainte-Beuve, mais [... qui] relève aussi de l'histoire".

"Deux faits principaux le résument. En dévoilant aux Turcs les calculs égoïstes de notre politique, et en les poussant à réclamer de nous certains engagements que la France était décidée à leur refuser, il contribua à altérer l'intimité traditionnelle entre la France et la Porte, au détriment des deux puissances ; d'autre part, en introduisant d'utiles réformes dans l'état militaire de la Turquie et en mettant au service de cette nation son expérience de la guerre, il aida la diplomatie française à suspendre les progrès de la Russie et de l'Autriche en Orient, et à prolonger dans cette partie du monde un équilibre de forces conforme à nos intérêts. Considérée sous ce double point de vue, sa présence à Constantinople fut loin d'être sans effet sur les événements généraux du siècle et la marche de l'histoire."

Lady Georgina Fullarton préfère l'épouse négligée et abandonnée, "La comtesse de Bonneval, histoire du temps de Louis XIV" (Paris, 1857, 319 pages).
Le dernier ouvrage que nous ayons répertorié est le Bonneval Pacha, pacha à trois queues, une vie d'aventures au XVIIIe siècle de Septime Gorceix, Paris, Plon, 1953. In-16, VI-243 pages.

Le personnage est également célèbre chez les turcs, on pourra consulter, entre autres, la notice de la version turque de Wikipedia, tr.wikipedia.org/wiki/Humbaracı_Ahmet_Paşa , et un livre intitulé Kumbaraci Yokuşu Çocukları de  Filiz Işık, Camera Museum Yayınları, 2008, 143 pages



 
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