| Vassif Efendi, ministre et historien |
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Vassif-effendi (Vassif Efendi) est un des grands annalistes de l'empire ottoman, Il fut également haut fonctionnaire et ministre à plusieurs reprises. Nous reproduisons un extrait sur la défaite de la flotte ottomane à Cesme.
Vassif Effendi (Elhadj-Ahmed), diplomate turc , dont on ne connaît que les particularités qu'il rapporte sur lui-même dans la préface de ses Annales de l'empire othoman, imprimées à Constantinople , l'an 1219 de l'hégire (1804). Ces Annales, qui commencent à l'année 1166 de l'hégire (1752), embrassent les règnes de Mahmoud Ier, d'Osman II , de Mustapha III, d'Abdul Hamid,et la presque totalité de celui de Sélim III , jusqu'à l'année de l'hégire 1217 (1802). Les Annales de Vassif se divisent en deux parties, dont la première a été écrite d'après les Mémoires des historiographes ses prédécesseurs , Hakim Tchechani Zadè, Moussa-Zadè, et Rehttcheti-Hassan Effendi.
Cette première partie
rappelle entre autres événements remarquables la prise par les glaces
du port de Constantinople, en 1168 ; la mort d'Osman II ,
l'avènement de Mustapha III , et la naissance de Sélim III; elle
contient des relations de plusieurs ambassades othomanes à Vienne, à
Berlin, à Varsovie, à Saint-Pétersbourg, et se termine par la
déclaration de guerre à la Russie, motivée sur les troubles de la
Pologne.
La seconde partie se compose d'une histoire d'Aly-Beig ,
patron du fameux Djezzar Pacha de la mort de Mustapha III , du récit
des événements de la guerre de 1768, jusqu'à la paix de Hutchuse Caïnardjè [Kutchuk-Kaïnardji ou Küçük Kaynarca], en 1774, et se termine à la
première année du règne d'Abdul Hamid. Ce qui ajoute au mérite de
cette dernière partie des Annales de Vassif, c'est que l'auteur l'a écrite
d'après ses propres observations. Témoin oculaire des événements de la
guerre, et employé à la suite de l'année, il fut, comme il le dit
lui-même, initié dans les actes les plus secrets du gouvernement aux
négociations des plénipotentiaires nommés pour la paix, et assista au
second congrès en qualité d'Amedji ou de secrétaire-rapporteur des
conférences, fonctions dont les attributions le mettaient en outre
dans le cas d'écrire tous les rapports secrets du grand vezir au
sulthan.
Malheureusement, la partie imprimée des Annales de Vassif ne va pas au-delà de I775. Vassif Effendi, qui
avait heureusement débuté dans la carrière des emplois publics sous le
règne de Mustapha III, éprouva, par une de ces transitions si communes
en Turquie, un sort tout contraire sous le règne suivant. Il ne cessa,
comme il le dit dans son ouvrage, d'être plongé dans l'abîme de l'oubli
et du malheur, tout le temps qu'Abdul Hamid resta sur le trône. Les
premières années de Sélim III ne lui furent pas plus favorables : il
fut exilé dans une des îles de l'Archipel, sous prétexte qu'il aimait
le vin; mais le vrai motif de cette disgrâce était la force de son
caractère et sa franchise naturelle. Plus tard, Sélim III, convaincu de
son mérite, l'éleva au grade de nichandji, secrétaire-d'état, et
d'historiographe de l'empire (Vakanuvis ). En cette qualité, il fut
chargé de continuer les Annales dont Izzi Effendi avait poussé la
rédaction jusqu'en 1166 (1751). Enfin, en 1805 , Vassif Effendi fut
nommé Reïs Effendi, ministre des affaires étrangères. Jusque-là, il
avait été peu favorisé des dons de la fortune; mais il était
généralement estimé et considéré pour la pureté de ses mœurs et son amour des sciences. Il passait pour une des meilleures têtes de l'empire, et possédait parfaitement l'arabe, le turc et le persan. Ayant été en ambassade à Madrid, il parlait volontiers de l'Espagne et des Espagnols : il a même écrit une relation de cette ambassade, dont il avait promis une copie à M. Ruffin. Il est à regretter que la partie non-imprimée «les Annales de Vassif, depuis 1775 jusqu'en 1802, ne se trouve pas : ce document serait d'autant plus intéressant, qu'il comprend presque tout le règne de Sélim III, et le récit des faits historiques remarquables qui ont précédé la fin de ce prince infortuné. Nous éprouvons également le regret de ne pouvoir indiquer les circonstances et l'époque de la mort de Vassif Ef- fendi : on doit présumer qu'il fut une des nombreuses victimes de la révolution qui précipita du trône Sélim III en 1807. B—Hi.
Une
partie de ces Annales a été traduite sous la forme d'extraits, par M.
Caussin fils, professeur d'arabe vulgaire, sous ce titre : Précis
historique de la guerre des Turcs contre les russes, Paris, 1822, in-8°. |
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