| Les Lazes, peuple de la Mer Noire |
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Les Lazes, population parlant une langue caucasienne, sont environ 200
000 en Turquie. Le chanteur Kazim Koyuncu (1971-2005) est l'un des
représentants les plus célèbres de leur culture en Turquie.
Les textes que nous présentons ici ont été écrits au milieu et à la fin du XIXe siècle. Le premier texte, datant de 1871, est assez précis. Dans le second texte, la représentation des Lazes (réputés turbulents, indépendants et excellents combattants) est assez caricaturale.
Carte postale du début du XXe siècle
Textes
Les Lazes forment une nationalité à part ; ils ne sont ni Turcs, ni Grecs; ils sont d'origine géorgienne; leur langue les rattache à cette famille. Ils ont été une fois un peuple indépendant et ont joué un rôle sous leur roi Goubaze du temps de Justinien ; à cette époque ils abandonnèrent l'idolâtrie pour embrasser le christianisme ; depuis la conquête turque ils sont musulmans. ******
LAZES ou LASES, habitants du Lasistan, contrée turque de l'Asie Mineure, sur la côte sud-est de la mer Noire, bornée à l'est par la Géorgie, dont la sépare un cordon militaire rigoureusement entretenu par les Russes. Ce pays est généralement montagneux. Ce n'est que ça et là, à l'issue de ses fort nombreuses vallées, arrosées par des fleuves (tels que leTschorouk [Çoruk], qui est navigable) et de petits ruisseaux, qu'on trouve quelques rares plaines, couvertes de la plus luxuriante végétation, mais exposées à leurs inondations, et où des eaux stagnantes et croupissantes en été engendrent des fièvres du caractère le plus pernicieux, en même temps qu'elles fourmillent de tortues, de serpents, de grenouilles et de sangsues. On y cultive le riz, le maïs, les haricots et autres légumes ; on y récolte aussi beaucoup de miel et de cire, et les habitants exportent des quantités considérables de bois de construction, d'avelines, et de l'huile donnée par une espèce de dauphin. Ces montagnes sont couvertes de forêts de chênes, de hêtres, de frênes, d'aulnes, de buis, de châtaigniers, de noyers, de mûriers, etc. Les Lazes trahissent moins leur affinité de race avec les populations du Caucase qui les avoisinent par leur conformation physique et les traits de leur visage, qui en général est peu agréable [sic], que par leur langue, qui est un rameau de la famille des langues ibériques [Le Laze est une langue caucasienne, proche du Géorgien], que par la férocité de leurs moeurs et surtout par leurs habitudes vindicatives. Aussi sont-ils en très-mauvais renom parmi les Géorgiens et les Turcs. Ils font souvent irruption sur le territoire russe pour s'y livrer au pillage, et par haine du nom russe favorisent la désertion des soldats du cordon-frontière. On comprend dès lors les efforts faits dans ces derniers temps par la Russie pour contraindre la Porte à lui céder le district de Batoum. Tous les centres de population des Lazes témoignent du manque de sécurité de leur payset des habitudes d'oisiveté de ses habitants. L'un des plus importants est Tschorouksou, avec un port,un bazar et une mosquée, à 10 kilomètres environ des frontières russes. Quelques faits historiquesLes Romains nommaient ce pays Lazica, probablement à cause des habitants de la partie située au sud du Phase, les Lazi dans le Gourial actuel, qu'habitent les Lazes. Les Romains, qui ne subjuguèrent la Colchide que sous Trajan, donnèrent à ses populations des rois restés leurs tributaires. Les empereurs d'Orient durent attacher une grande importance à maintenir leur influence dans cette contrée, qui leur servait de boulevard contre les irruptions des peuplades caucasiennes du nord; et les nouveaux rois de Perse, Chosroès Ier notamment, se montrèrent non moins désireux de la posséder. Mais la religion chrétienne, qui avait pénétré dans le pays, rattacha naturellement les Lazes à l'empire de Byzance, duquel la Lazica dépendait encore au sixième siècle, à l'époque de Justinien. Celui-ci l'enleva à Chosroès, dans la guerre lazique. Mais les Arabes ne tardèrent point à s'en emparer, et désormais elle partagea, ordinairement sous les noms de Gourial, d'Iméréthi et de Mingrélie, le sort du reste de la Géorgie. Consultez Wagner, Voyage en Colchide (Leipzig, 1850).extrait de William Duckett (Fils), Dictionnaire de la conversation et de la lecture, 1856
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