Au sud-est de la Turquie, à plus de cent kilomètres au sud de Diyarbakir et de Batman, en retrait d'une trentaine de kilomètres de la frontière avec la Syrie, la vieille ville de Mardin [qui donne son nom à la province], établie sur un piton rocheux à 1200 mètres d'altitude, domine la steppe en bordure de l'antique Mésopotamie.

Au-delà de l'enchevêtrement des fils, s'élève le minaret de la mosquée Latifiye, mosquée construite au XIIIème siècle sur l'ordre du sultan artoukide Melik Mansur Nasruddin Artuk Arslan : longue spirale de pierre, érigée tardivement en 1845, surmontée d'une galerie aérienne, autour de l'édicule prévu jadis pour le muezzin. En prêtant attention se devine même un haut-parleur que l'éloignement fait paraître minuscule.

En s'approchant, on voit, problème classique, comment le fût circulaire de la colonne s'appuie sur son support carré, au moyen d'un dispositf orné de triangles inversés.

Le décor spiralé, accrochant la lumière, reproduirait, imagine-t'on parfois, le mouvement tourbillonnant de l'eau. On suggère aussi que ces cannelures en hélice symboliseraient l'aspiration sans fin pour le divin.

Mais pour se rendre à une quelconque mosquée [il y en a plus d'une dizaine], il faut le plus souvent gravir et gravir encore les marches d'étroites rues en pente. Auto, moto, pas plus le vélo, ne seraient d'une quelconque utilité.

Dès qu'il s'agit de collecter les ordures ou de porter des charges, l'âne est le moyen de locomotion le mieux adapté.

Les ânes, à Mardin, ne sont pas des animaux parés pour satisfaire l'oeil gourmand des touristes. Chevauchés par de jeunes garçons, on les voit trottiner entre les étals des marchés. Ils sont aussi employés à chaque fois qu'il s'agit de porter les pierres, les sacs de ciment, les outillages nécessaires à la réfection des bâtiments civils ou religieux.

Au-delà d'un dédale, où les panneaux indiquent une restauration en cours pour une autre mosquée, surgit alors, dans sa splendeur ocrée, un immense cartouche, avec ses énormes lettres en ce caractère si particulier qu'il est convenu d'appeler le coufique géométrique, où les points diacritiques sont de forme carrée

A l'intérieur du cadre, bordé d'un entrelac de motifs floraux finement ciselé, apparaît le texte de la shahâda, la profession de foi de l'Islam : Lâ ilâha illâ-Allah, Muhammadan rasûlu-Allah, autrement dit « Il n'y a de Dieu que Dieu. Et Mohammed est son prophète »

 

  • 01STEPPE
  • 02MINARET
  • 03SPIRALE
  • 04.ANE
  • 05REFECTION
  • 06COUFIQUE

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 JJB, 08/2017