Dictionnaire turc-français avec la prononciation figurée, Maisonneuve, 1863-67, 1490 pages

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Dédicace

A SON EXCELLENCE SIR HENRY L. BULWER
G. G. B.
Membre du Conseil privé de la Reine, Ambassadeur extraordinaire et Plénipotentiaire de S. M. Britannique près la Sublime-Porte, etc.

EXCELLENCE,

Encouragé par la bienveillance qui vous distingue à un si haut degré et qui vous gagne partout de si chaleureuses sympathies, je prends la liberté de vous dédier ce Dictionnaire. En le plaçant sous le patronage de votre nom, je lui donne ainsi la valeur qui lui manque. Écrivain, vous vous êtes montré profond observateur, peintre aussi brillant que fidèle; diplomate, vous avez fait preuve dans les missions les plus difficiles, de qualités qui vous placent au premier rang des hommes éminents dont s'honore votre patrie. Un double motif m'impose ce témoignage public. Le premier, c'est la respectueuse reconnaissance que m'inspirent le souvenir de tant de bienfaits reçus et la coniiance dont vous avez daigné m'honorer pendant tout le temps que j'ai été attaché à la personne de Votre Excellence. Le second, c'est le puissant intérêt que vous portez à cet Empire Ottoman, si digne de la sollicitude des véritables hommes d'État, et vos rapides progrès dans sa langue.

Cette étude, complètement négligée par vos prédécesseurs et qui est hérissée de si grandes difficultés, n'est qu'un jeu pour votre esprit. Une merveilleuse intuition vous fait découvrir le fil qui conduit à travers son dédale, et toujours l'étonnante perspicacité de l'élève a confondu la vieille expérience du maître. Dans l'espoir que vous ne rejetterez pas ce faible hommage de ma vive gratitude, je vous prie de vouloir bien agréer en même temps l'expression des sentiments de haute estime, de profond respect et d'attachement inaltérable, avec lesquels J'ai l'honneur d'être, 

DE VOTRE EXCELLENCE,
Le très-humble, très-obéissant et très-dévoué serviteur,
N. MALLOUF.
Smyrne, le 15 juin 1862

Préface de A. Ubicini

Le vœu que nous exprimions il y a huit ans, en présentant au public le dictionnaire Français - Turc de M. Nallouf, et que tant d'autres ont répété après nous, de voir le savant auteur compléter son utile travail par la publication du dictionnaire Turc-Français, vient enfin de se réaliser; et grâce à son zèle infatigable, une dernière et regrettable lacune dans l'enseignement des langues orientales a été heureusement comblée.

Que si l'attente de ces disciples et de ces amis inconnus qui sollicitaient de toutes parts M. Mallouf n'a pas été plus tôt remplie, ne nous en plaignons pas trop. Pendant  qu'il mettait la dernière main à son dictionnaire, le corrigeant sans cesse et sans cesse y ajoutant afin de le rendre plus digne du public auquel il le destinait, d'autres publications importantes, par lesquelles il comblait les intervalles de son grand travail et toujours empreintes du même caractère d'utilité pratique, une Grammaire, des Dialogues, des Guides de la conversation dans les trois langues classiques de l'Orient musulman, ont successivement vu le jour, et ont attiré à juste titre l'attention et les encouragements de la presse.

Il ne nous appartient pas de faire l'éloge du nouvel ouvrage de M. Mallouf. C'est à des juges plus compétents, c'est aux savants distingués qui ont si justement et si honorablement apprécié le dictionnaire Français-Turc (1), de dire si l'auteur a su maintenir la seconde partie de son travail à la hauteur de la première, et d'assigner à l'ensemble de l'œuvre le rang qui lui appartient parmi les nombreuses publications destinées à populariser en Orient l'étude de la langue française, en France et dans toute l'Europe l'étude des langues orientales.

Parmi ces témoignages, il en est un que nous aimons à rappeler, et dont M. Mallouf se glorifie à juste titre ; c'est celui du doyen des orientalistes de France, et l'on pourrait dire de l'Europe, aujourd'hui que M. de Hammer n'est plus, de M. T. X. Bianchi, qui a été l'un des premiers, avec un empressement qui honore à la fois son caractère et son talent, à signaler le mérite et l'utilité des ouvrages de M. Mallouf (2). On sait que M. Bianchi est lui-même auteur de deux dictionnaires Turc-Français et Français-Turc, beaucoup plus considérables et plus dispendieux, qui sont recherchés et font autorité dans toute l'Europe. M. Mallouf, nous l'avons déjà dit et il convient que nous le répétions, tout en s'inspirant des travaux de son illustre devancier, a suivi une voie différente de la sienne. Ne pouvant prétendre à faire mieux, il s'est contenté de faire autrement.

A quelles préoccupations il a  obéi, quel plan, quelle méthode il a suivis, nous n'avons plus besoin de le dire. Le passé répond pour le présent. Le dictionnaire Turc-Français est la continuation exacte et la suite nécessaire du dictionnaire Français-Turc. Composé sur le même modèle et dans le même format, imprimé avec les mêmes caractères, confié aux soins et au zèle intelligent des mêmes éditeurs, il est, nous n'en doutons pas, appelé au même succès.

1. Voir le Mormng-Post, n° 25,921 du 28 janvier 1857 ; l'Atheneum, n° 1,534 du 21 mars 1857; le Journal de Constantinople du 2 août 1855 ; la Revue de l'Orient de juillet 1857.
2. M. Bianchi écrivait à M. Mallouf le 26 décembre 1854 : « .... Qu'il me soit donné ou non dans un âge avancé, de conduire à bonne fin ce que j'ai commencé et continué avec persévérance ici, vous n'êtes pas moins, Monsieur, le seul orientaliste du Levant dont les utiles et nombreuses publications auront efficacement contribué aux progrès des études de l'arabe, du turc et du persan »

A. UBICINI.

Paris, 15 août 1862.