| Murat II (1421-1451) |
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Murat II était fils de Mehmet Ier, qui, en mourant, fit appeler son grand vizir et le conjura, au nom de Dieu et du prophète, par le pain et le sel qu'il lui avait donnés, de placer sur le trône ce prince, l'aîné de ses enfants, et qui n'était âgé que de 18 ans ; c'était en 1421. Ses deux autres fils avaient, l'un huit ans, l'autre sept ; Mehmet les mit sous la tutelle de l'empereur grec Manuel Paléologue, dans la crainte que le nouveau sultan ne les fît étrangler, selon la politique barbare des princes turcs. En vain Manuel réclama ses droits de tuteur ; le monarque ottoman lui fit dire que la loi du prophète défendait aux Musulmans de confier l'éducation de leurs enfants aux cabours ou giaours (chiens, perfides, infidèles) ; c'est le nom sous lequel les Turcs désignent les chrétiens. De nouvelles guerres éclatèrent à cette occasion. Murat II fit périr un des pupilles, l'autre fut sauvé par un grand de la cour. Les Vénitiens, devenus puissants par suite de leurs entreprises maritimes, et maîtres d'une partie de la Grèce, avaient acheté de l'empereur d'Orient la ville de Thessalonique. Murat leur fit la guerre, dévasta l'ile de Zante, qui leur appartenait, soumit la Morée, imposa un tribut à Jean Paléologue, assiégea Thessalonique, la prit d'assaut, et la livra au pillage. Cette ville, riche, vaste, célèbre par son commerce et par ses monuments, fut dépeuplée et détruite en un jour. Cependant Murat y envoya plusieurs familles des environs, et permit à un petit nombre de ses citoyens d'y rentrer, en leur faisant payer une rançon considérable. Il n'accorda qu'une église aux chrétiens; toutes les autres furent converties en mosquées, et devinrent la propriété des Turcs. Après avoir forcé les Vénitiens à la paix, étouffé la rébellion de son beau-frère, Karaman-Ogli, Murat tourna ses armes contre la Hongrie, et trouva dans le fameux Jean Huniade un adversaire digne de lui. Le général hongrois battit plusieurs fois le sultan. La guerre continua quelques années avec des succès divers et se termina par le traité le plus solennel que les chétiens et les musulmans eussent jamais conclu ensemble. Ladislas et Murat jurèrent la paix, l'un sur l'Évangile, l'autre sur le Coran ; celui-ci rendit la Serbie, et promit de ne pas pousser plus loin ses conquêtes. Murat ll, très attaché aux pratiques de sa religion, détrompé du faste de cette grandeur ottomane qu'il avait accrue par ses armes, voulut profiter du calme dont jouissait son empire pour goûter lui-même le repos de la solitude. Il abdiqua, et, laissant la couronne au jeune Mehmet II, son fils, il se retira à Magnésie, où, à peine âgé de 40 ans, il partageait la société des derviches et leurs austérités. Retour sur le trône Mais, deux ans après, il en fut tiré pour la seconde fois, les janissaires se prévalant de l'extrême jeunesse de son fils, osèrent se révolter et ravager Edrine ; Murat n'eut qu'à se montrer pour voir à ses pieds les séditieux. Un autre rival, non moins redoutable qu'Huniade, le célèbre Scanderberg, avait soulevé l'Épire il ne put résister longtemps aux armes du sultan, et fut poursuivi en Albanie les Épirotes n'eurent que le choix de subir la mort ou d'embrasser la religion musulmane. Une nouvelle invasion des Hongrois appela vers le Danube l'infatigable Murat II ; qui joignit ses ennemis dans cette même plaine de Kosovo où Murat Ier avait péri victorieux. Après plusieurs actions sanglantes, le sultan regagna Andrinople, ne songeant plus à résigner le pouvoir. Une preuve de plus de l'extrême avilissement où l'empire d'Orient était plongé, c'est qu'à la mort de Jean Paléologue II, lorsque Constantin Dragosès, l'un de ses trois fils, fut reconnu pour son successeur, afin de mieux assurer la couronne sur la tête de ce prince, on crut devoir faire approuver son élévation par Murat. L'historien Phrantzès fut chargé d'aller à Edirne lui demander son agrément. Flatté de cette déférence, le sultan accueillit Phrantzès avec distinction, et le renvoya comblé de présents. Murat succomba, en 1451, à une attaque d'apoplexie, d'autres disent aux suites d'une mélancolie causée par le chagrin de n'avoir pu reprendre à Scanderberg la ville de Croie, en Albanie. Il était âgé de 49 ans, et en avait régné 29. Murat II est au rang des plus grands princes de l'empire ottoman. S'il échoua devant Constantinople, il en ouvrit la route à son successeur, Mehmet II, moins modéré, aussi habile et plus heureux que son père. Tv. extrait de l'Encyclopédie du dix-neuvième siècle : répertoire universel des sciences, des lettres et des arts, avec la biographie de tous les hommes célèbres, 1837 |
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