| Mehmet II (1451-1481) le Conquérant |
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Notices biographiques et portraits du plus célèbre des sultans ottomans.
![]() Mehmet II, médaille
MEHMET II, 7e sultan ottoman, fils de Murat II, monta sur le trône par
la volonté de son père en 847 de l'hégire (1443),à l'âge de 15 ans.
Murat s'aperçut bientôt que les rênes de l'empire étaient confiées à
des mains trop faibles, et il reprit le sceptre en 850 (1446). Mahomet,
fils soumis, ne remonta sur le trône qu'à la mort de son père en 1481,
et dès lors sa vie ne fut plus guère qu'une suite de triomphes. Vers la
troisième année de son règne il marcha sur Constantinople à la tête
d'une armée de 300,000 hommes, composée de soldats de toutes les
nations ; et au bout de 55 jours emporta d'assaut cette ville que
défendait en personne son brave et malheur, empereur
Conslanlin-Dragasès, qui périt en héros les armes à la main. Mahomet
fut moins heureux en Albanie contre le fameux Scander-Beg, et au siège
de Belgrade (1456), qu'il fut obligé de lever après des pertes
considérables. Mais depuis 1460 il ne cessa de reculer les bornes de
son empire en s'emparant de Sparte, Athènes, Corinthe, Trébizonde,
Lesbos, ainsi que des principautés de Bosnie et de Caramanie, du l'Ile
de Négrepont et de l'Anatolie; il enleva aux Génois Caffa ; la Crimée,
la Géorgie et la Circassie sont rendues tributaires ; la Moldavie,
l'Albanie, les îles de l'Adriatique, le Frioul et la Dalmatie envahis ;
Venise est humiliée, et la prise d'Otrante épouvante l'Italie (1480) :
peut-être l'Europe entière ne fût-elle sauvée que par la mort de ce
conquérant, l'ennemi le plus terrible que les chrétiens aient eu jamais
à redouter. Mahomet fut enlevé à ses ambitieux projets l'an 886 de
l'hégire (1481). On a sous le nom de cet empereur des lettres écrites
en syriaque, en grec et en turc, traduites en latin par Landini,
chevalier de Rhodes, Lyon, 1520, in-4, et dans la collection d'Oporin,
Bâle, 1554, in-12 ; Marbourg, 1604, in-8 ; Leipzig, 1690, in-12.
L'Histoire de Mahomet II a été donnée par Guillet, Paris, 1681, 2 vol.
in-12. Lanoue a choisi ce prince pour le héros d'une tragédie qui est
restée au théâtre.
Notice extraite de la Biographie universelle, ancienne et moderne..., Michaud, 1825
Nous avons modifié quelques graphies pour les rendre plus proches des usages modernes.
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Une bonne introduction agréable à lire par un grand écrivain contemporain.
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![]() Mehmet II, médaille (revers) ***********************
Mehmet II, empereur des Turcs, surnommé Bouyouk,c'est-à-dire le grand
[en général, on l'appelle plutôt le Conquérant, Fatih], naquit à Edrine
en 1430. C'est sous son règne que l'empire grec fait place, en Europe,
à l'empire turc.
Extrait des Annales politiques et littéraires, 1912
Deux fois, sous le règne de son père, il fut appelé au trône, et deux fois il le céda, sans résistance, à celui de qui il le tenait. Cette circonstance est remarquable dans la vie d'un ambitieux et d'un conquérant. En 1451, il reprit le sceptre une troisième fois, et ce fut pour ne plus le quitter qu'avec la vie. Ses premiers regards se portèrent sur Constantinople. Murat, fidèle à ses promesses, avait dédaigné ou différé cette facile conquête. Son successeur fut plus hardi ou moins scrupuleux. Au mois d'avril 1453, Constantinople fut investi par 300 mille hommes,et le 29 mai suivant les Turcs s'en emparèrent après un assaut général. Constantin Dragacès, dernier empereur d'Orient, lutta contre sa malheureuse destinée avec le courage d'un héros. Trahi par ses sujets, abandonné de l'Europe, il périt les armes à la main dans la mémorable journée qui vit disparaître à la fois la liberté des Grecs, le nom des Césars et la gloire d'un empire qui avait subsisté 15 siècles. Mehmet eut la politique de laisser à ses nouveaux sujets le libre exercice de leur religion ; il installa lui-même un patriarche. Constantinople devint la capitale Je son empire, et de là, comme d'un point central, il porta tout autour de lui ses armes victorieuses. L'Epire résista quelque temps à ses efforts, mais il finit par la conquérir; après la mort d'Huniade il s'établit sur les bords du Danube. Bientôt il soumit la Grèce et le Péloponèse ; acheva d'éteindre l'empire grec en s'emparant de Trébizonde et de la partie de la Cappadoce qui en dépendait ; se rendit maître de Caffa, l'ancienne Théodorie ; revint réduire Scutari, Négrepont, Zante, Céphalonie, et presque toutes les îles de l'Archipel ; courut à Trieste, à la porte de Venise, et s'en empara ; prit et saccagea Otrante, et établit la puissance ottomane au milieu de la Calabre, d'où elle menaçait le reste de l'Italie. Pendant 31 ans que dura son règne, Mehmet II marcha de conquête en conquête; il soumit deux empires, douze royaumes et deux cents cités, sans que les princes chrétiens songeassent à se réunir contre un si redoutable ennemi. Scanderberg, le héros de l'Epire, et le célèbre Huniade, gouverneur de la Hongrie, eurent quelque temps la gloire de contenir ce torrent débordé. Les Vénitiens, alors puissants, firent des efforts tardifs pour s'en garantir: mais les chevaliers de S. Jean de Jérusalem, ayant à leur tête le vaillant d'Aubusson, se couvrirent de gloire par la défense de Rhodes. Mehmet II, irrité de sa défaite, se préparait à la réparer; il menaçait à la fois l'Orient et le Midi de l'Europe, l'Asie et l'Afrique, lorsque la mort le surprit à Nicomédie, à 53 ans. Il ordonna que l'on gravât sur son tombeau ces mots : Je voulais prendre Rhodes et conquérir l'Italie : c'était probablement pour tracer à ses successeurs leur devoir. Il y a loin sans doute de Mehmet II à Alexandre et à César ; mais à quelque distance qu'il soit de ces hommes célèbres, il occupe une place distinguée parmi ceux qui se sont illustrés en ravageant la terre. Il avait des talens remarquables pour son temps, et plus d'instruction que la plupart des princes contemporains. Il parlait avec facilité plusieurs langues, savait le grec et le latin, connaissait l'histoire et la géographie, cultivait les lettres, aimait les artistes et les savans. On peut douter qu'il ait porté la férocité jusqu'à la démence, ainsi que le disent quelques historiens ; et par exemple, qu'il ait fait fendre le ventre à quatorze de ses Icoglans ou pages, pour trouver un melon, et qu'il ait coupé la tête à sa maîtresse, devant ses soldats, pour se montrer supérieur aux faiblesses de l'amour ; mais il est certain qu'il était naturellement violent, qu'il fut quelquefois perfide, et que dans son palais comme sur le champ de bataille, il se montra souvent cruel et sanguinaire. On a remarqué que ses meilleurs ministres ou généraux étaient des chrétiens renégats. Notice extraite de Galerie historique des hommes les plus célèbres de tous les siècles et ... par Charles P. Landon, 1805
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