Cette carte postale allemande montre les monnaies turques d'or et d'argent au début du XXe siècle. Seule la lira (livre) existe encore de nos jours.

 Le texte ci-dessous, paru en 1964, est antérieure de 40 ans à cette carte, mais correspond en grande partie aux monnaies reproduites.

5 lira

500 piastres

2 ½ lira

250 "

Yslik

100 "

Ellilik

50 "

Mishir

25 "

Medjidie

20 piastres

Onlik

10 "

Beschlik

5 "

Ekilik

2 "

Kirkparalik

1 "

Jirmiparalik

1/2 "

Monnaies. — Les monnaies ont été jusqu'en 1844 aussi variables que les mesures. Leur valeur intrinsèque a souvent changé, et leur altération, commencée par le sultan Amurat III (1574-1595), a continué jusqu'à Mahmoud II (1808-1839), qui fit modifier durant son règne le titre et la forme des monnaies trente-cinq fois pour l'or, et trente-sept fois pour l'argent. Après la conquête de Constantinople, la valeur de la piastre turque était égale à celle du sequin de Venise; au commencement du seizième siècle elle valait 8fr. ; en 1800, 1f 35; en 1861, la piastre caimé, papier-monnaie dont la valeur fiduciaire devait correspondre à la monnaie métallique, est descendue jusqu'à 0f 09.

Sous le règne du sultan Abdul-Medjid, la forme, le titre et la valeur des monnaies métalliques ont été fixés définitivement.

Les monnaies turques en or, en argent et en cuivre sont très-abondantes. Comme titre, leur valeur est égale à celle des monnaies françaises.

L'unité monétaire turque est la piastre. La piastre se divise en 40 paras, le para en 3 aspres. La piastre vaut 0f 23.

Les monnaies de cuivre sont divisées en pièces d'une piastre, 20 paras, 10 paras, 5 paras et 1 para. Il existe très-peu d'aspres.

Les monnaies d'argent sont de 20 paras, 1 piastre, 2 piastres, 5 piastres, 10 piastres, 20 piastres.

Les monnaies d'or sont de 25 piastres, 50 piastres, 100 piastres. La pièce de 100 piastres est ce qu'on appelle la livre turque. Elle occupe dans le système monétaire le même rang que le napoléon en France et la livre sterling en Angleterre. Il existe aussi quelques pièces de 250 piastres et 500 piastres, de fabrication récente.

Il y a, en outre, dans la circulation, une grande quantité des monnaies de mauvais aloi, composées à l'aide d'un alliage de cuivre et d'argent. On les désigne sous le nom d'altelik (6 piastres), dont les subdivisions sont : 3 p. et 1 p. 1/2, et de beschlik (5 piastres), dont les subdivisions sont : 2 p. 1/2,1 p., 20 paras et 10 paras. Le retrait de ces monnaies a été ordonné, il aura lieu progressivement; dans quelques années elles doivent avoir complétement disparu. Il ne restera plus alors que les monnaies de cuivre, d'argent et d'or.

Dans l'établissement des comptes du gouvernement on se sert d'une unité nommée bourse. Sa valeur est de 500 piastres. C'est une désignation de convention. Elle se trouve avoir actuellement sa représentation par les nouvelles pièces d'or de 5 livres.

Le commerce ne compte que par piastres.

Le papier-monnaie connu autrefois sous le nom de caimé, a été démonétisé en 1862. Le gouvernement l'a remboursé en totalité. Les émissions successives s'élevaient à 1,000,907,720 piastres. Le retrait complet a été effectué en trois mois. Cette masse énorme de papier-monnaie, qui n'avait cours qu'à Constantinople et dans sa banlieue, s'est trouvé représentée par 33,500,000 titres pesant 26,000 okes (33,358 kilogrammes}. La suppression du caïmé, dont la dépréciation allait grandissant sans cesse, a rétabli le crédit public et sauvé l'État et le commerce d'une banqueroute générale.

Extrait de Bernard Camille Collas, La Turquie en 1864, Dentu, 1864