Importante église byzantine abritant de magnifiques fresques et mosaïques, la Kariye camii à Istanbul a été bien préservée et est devenue un musée, Kariye müzesi.


La signification du mot "Chora" qui lui est associé est incertaine : allusion aux champs, l'église s'étant d'abord trouvée hors des murailles ou à une inscription d'une des mosaïques. Ce sanctuaire construit au Ve siècle accueillit un monastère et fut restauré à plusieurs reprises. Il est de taille assez modeste, sa surface est de moins de 800 m2 et sa coupole principale a un diamètre de 7,5 m environ.

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Carte postale colorisée envoyée en 1922. Elle est légendée "Constantinople. Mosquée Kahrié". A l'époque, c'est encore une mosquée.
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Carte postale photographique envoyée en 1954. Le sommet du minaret a été modifié.

Très abîmée au fil des siècles, l'église fut restaurée au XIVe siècle par Théodore Mélochite, grand logothète du Trésor de l'empereur Andronic Paléologue (1282-1328) et, grâce à lui, elle fut décorée de marbres, de fresques et de mosaïques d'une qualité exceptionnelle. Le mécène est lui-même représenté, avec le Christ, au-dessus de la porte d'entrée.

Cette église abrita, lors du siège par Mehmet II en 1453, une icône de la Vierge qui était censée protéger la capitale byzantine. Mais l'église fut pillée et l'icône détruite.
Entre 1495 et 1511, l'église fut convertie en mosquée par l'eunuque Atik Ali Pasha, grand vizir de Beyazit II. Un minaret fut ajouté, mais il y eut peu de transformations et on épargna les mosaïques et les fresques qui furent recouverts par un enduit ; c'est un collaborateur de Choiseul-Gouffier, Lechevalier qui les redécouvrit au XVIIIe siècle.

C'est aujourd'hui un musée d'art byzantin. Les très riches décors de marbre ont été bien conservés. Les mosaïques qui datent, pour la plupart, du XIVe siècle ont été restaurées par le Byzantine Institute entre 1948 et 1959.

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La mosaïque du voyage à Béthléem, telle qu'elle est reproduite sur cette carte postale du début du XXe siècle, ne donne à lire aucune inscription grecque. Il semble que celle-ci ainsi que d'autres détails furent retrouvés grâce à la restauration de 1948.

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Description extraite de H. Barth, Constantinople, 1913

La Kahrié djami, située à la Porte d'Andrinople et très endommagée par les tremblements de terre, était autrefois la "monè tès chôras" (le monastère de Chora) bâtie, dit-on, par Justinien. Au temps de sa fondation, elle était en dehors des murs. Cette église tombait en ruines, lorsque Marie Ducène épouse d'Andronic Ducas et belle-mère d'Alexis Comnène, la fit reconstruire au XIe siècle, ainsi que le couvent. Théodore Métochite la restaura ensuite, la dota du narthex extérieur et de la chapelle servant aux morts.
C'est aussi au XIVe siècle qu'elle fut dotée des mosaïques célèbres qui la décorent encore et des fresques si importantes pour l'histoire de l'art : immédiatement à l'entrée, au-dessus de la porte, le grand chancelier, à genoux, tend au Sauveur sur son trône le modèle de l'église. Nicéphoros Grégoras écrivit son histoire byzantine dans ce couvent qui servit aussi souvent de lieu de bannissement pour le clergé. Quarante ans après la conquête, le grand vizir, Atik Ali Pacha, fit brutalement passer cette église à l'Islam, Depuis ce temps-là, les tableaux magnifiques, inutiles au culte du Prophète, se trouvent seulement dans des dépendances, hors de l'église même. Ce qui en reste encore a gardé toute son ancienne beauté et peut être comparé aux meilleurs travaux italiens de ce genre.

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Contrairement aux traditions de l'art byzantin, les figures des mosaïques et des peintures de Kahrié sont pleines de vie, de naturel et d'élégance. L'ensemble est imprégné d'une paix intérieure vraiment divine, d'un calme touchant. Les détails sont consciencieusement exécutés. Tous les sujets se rapportent à la vie de Marie et de Jésus ; au sommet des coupoles du narthex, se trouvent le Seigneur et la Madone ; dans les caissons de la voûte, en travail de mosaïque le plus pur, les ancêtres de Jésus d'après la généalogie des Ecritures ; au-dessus des tableaux, on apercevait des inscriptions. Au-dessus de la porte du parvis intérieur accédant à l'église, le buste en grandeur naturelle du Christ Pantocrator, bénissant de la droite tandis que, de la main gauche, il tient l'Evangile. Un peu plus haut, à gauche, le miracle de Cana, celui de l'eau changée en vin ; à droite, celui de la foule nourrie dans le désert, le miracle de la multiplication des pains. De chaque côté de la porte, saint Paul et saint Pierre.

Le marbre et la brique sont arrangés, à Kahrié, en couches superposées. Aujourd'hui tout cela est couvert malheureusement d'un simple badigeonnage jaune trop tranchant. L'ancienne église proprement dite est un rectangle à coupole qui se continue en se rétrécissant vers l'est et se termine en une abside en forme de conque.

Le centre est dominé d'une coupole s'appuyant sur un tambour cylindrique entouré de fenêtres, aujourd'hui en partie condamnées, que séparent de gracieuses colonnettes. L'aspect général est heureux et agréable. A l'intérieur, un marbre gris et rouge recouvre les parois jusqu'à la naissance de la voûte. La haute construction de l'exonarthex est ornée aux ailes de voûtes sphériques, côtelées, semblables à la grande, mais naturellement en plus petites dimensions. Le parvis intérieur a, moyennant un couloir longeant le côté gauche de l'église, une communication avec une petite chapelle isolée et construite probablement plus tard.
D'autre part, l'exonarthex n'est relié à l'intérieur que par le milieu et, passant à côté du parvis intérieur, il conduit à une longue chapelle des morts, sorte de carré double avec suite du côté longitudinal qui se termine en une abside. Parmi les plus intéressantes sculptures de Kahrié, il faut citer une porte en marbre de cet oratoire, finement ciselée dans tous ses détails. Sur l'archivolte, le Seigneur, un rouleau dans la main gauche, de la main droite imposant la bénédiction ; à côté quelques reliefs : les archanges Gabriel et Michel. Mais les têtes de ces trois figures sont malheureusement détruites. Au-dessus de la corniche, se trouve encore un reste d'autres reliefs : l'appel de Moïse devant le buisson ardent.
En face du portail, s'élève le tombeau du général connétable Michel Tornikès, contemporain du Mélochite, avec une inscription métrique et des sculptures remarquables. Dans l'église de Chora, les byzantins conservaient l'image de la Madone appelée Modéguétria qu'ils croyaient avoir été peinte par saint Luc et qui, durant la semaine de Pâques, elle était transportée en grande pompe de l'église au palais et du palais à l'église. les Turcs la brisèrent dans les premières rages de la conquête. Les Latins prétendent cependant avoir envoyé à Venise le tableau original.