Imprimer
Catégorie : Bibliographie
Affichages : 906

L'histoire de Jean-Baptiste Lechevalier (1752-1836) rencontre presque par hasard celle de la Turquie. Passionné, comme beaucoup de ses contemporains par l'histoire antique, il a l'opportunité d'y voyager et publie une description du Bosphore, d'Istanbul, de la mer Noire et de la région de la Marmara à la fin du XVIIIe siècle.

Jean-Baptiste Lechevalier naquit à Trelly, près de Coutances en 1752. Après des études et trois ans dans un séminaire, il enseigna de 1772 à 1778 dans différents collèges parisiens où il semble avoir noué de nombreuses amitiés. L'ambassadeur Choiseul-Gouffier l'emmène dans ses voyages après un détour par Londres et par l'Italie.

Lechevalier consacre des recherches à Troie dont il essaie de retrouver l'emplacement : "M. Lechevalier explora successivement la Grèce et la Troade, et prétendit avoir découvert les tombeaux d'Ajax, d'Achille et de Protésilas. L'ouvrage en trois volumes qu'il publia à son retour, sous le titre de Voyage à la Troade, donna lieu à une polémique singulière entre l'auteur et un savant anglais, James Bryant; ce dernier émettait un système dont le but était de prouver qu'il n'y avait jamais eu de guerre de Troie et que cette ville n'avait pas même existé." (Compte rendu des travaux de l'Académie royale des sciences, belles-lettres … de Lyon, 1836)

Il séjourne à Istanbul de 1782 à 1786, où il accumule des notes pour son "Voyage de la Propontide et du Pont-Euxin" :
"On y trouve les détails les plus piquants et les plus précieux sur la géographie, les produits naturels et artificiels, les mosquées, les bains, l'intérieur du sérail, ainsi que sur les moeurs, les lois, les coutumes des peuples qui habitent ces belles et merveilleuses contrées. Son style est toujours animé, toujours varié et pittoresque comme le sujet même. Il est encore aujourd'hui le guide le plus sûr des voyageurs qui étudient ces pays classiques." (F. Noël, Notice sur la vie et les ouvrages de feu M. J.-B. Le Chevalier).

Il est envoyé comme observateur en Valachie et en Moldavie ravagées par les armées russes. Il quitte Yassi en 1788, passe par Vienne, l'Italie, l'Angleterre et l'Ecosse, séjourne en Allemagne en 1791-1792, en Russie en 1794.

Il passe ensuite 3 ans à Londres avant de rentrer en France grâce à Talleyrand.

En 1804, il accompagne l'astronome Pierre Méchain (1744-1804) dans une mission en Espagne pour mesurer la longueur exacte du méridien terrestre. Après le décès prématuré de son ami, il voyage dans ce pays, au Portugal et en Sicile. 

En 1811, quelques temps après son retour en France, il est nommé premier conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort, le 2 juillet 1836. . (Alfred de Bougy, Histoire de la bibliothèque Sainte-Geneviève… 1847)

Sources

=====================

Description

VOYAGE DE LA PROPONTIDE ET DU PONT-EUXIN; 

Avec la Carte générale de ces deux mers, la description topographique de leurs rivages ; le Tableau des mœurs, des usages et du commerce des peuples qui les habitent ; la Carte particulière de la Plaine de Brousse en Bithynie, celle du Bosphore de Thrace, et celle de Constantinople accompagnée de la description des Monumens anciens et modernes de cette Capitale ; 
Par J. B. Lechevalier, membre de la Société libre des sciences et arts de Paris ; des Académies d’Edimbourg, de Gottingue, de Cassel et de Madrid. 
Paris, Dentu, Imprimeur-Libraire, Palais-Égalité, galeries de bois, n.° 240. AN VIII. (1800) 

AVIS AU RELIEUR. 
I. Carte de la mer de Marmara, page 1
2. Plan du Détroit des Dardanelles, 10 
3. Carte de la ville de Brousse, 28 
4. Carte du Bosphore de Thrace, 43 
5. Carte de Constantinople, 169
6. Carte de la mer Noire, 329

ERRATA.
Page 63, lig. 9, dicaea ; lisez dicea. 
Page 142, lig. 18, Hydrolia ; lisez Hydralis.
Page 144, lig. 2, sur le port ; lisez sur le bord. 
Page 153, lig. 3, Kic-tach; lisez Kis-tach. 
Page 400, ligne 15, qu’on y a fait ; lisez qu’on y a faites.

*******

La Propontide est le nom antique de la mer de Marmara et le Pont-Euxin, celui de la mer Noire.

Lechevalier donne de nombreux détails sur la composition et les sources de son ouvrage dans la préface.

Sa description est évidemment pleine d'anecdotes liées à l'histoire antique et byzantine. Les remarques onomastiques permettent de comprendre la continuité entre l'antiquité, l'empire byzantin et l'empire ottoman.

On y trouve aussi de nombreux détails géographiques, des mesures effectuées avec des ingénieurs, une assez longue description du Bosphore enrichie d'une carte précise et une description d'Istanbul et de ses monuments à l'époque où Lechevalier l'a visitée. Le tout accompagné de cartes précises.

L'ouvrage se termine sur des considérations sur la défense d'Istanbul et les moyens à mettre en oeuvre pour l'assurer, "Sur les moyens de défendre Constantinople d'une invasion du côté du canal de la mer Noire".

Table des chapitres contenus dans cet ouvrage. 

PREMIÈRE PARTIE. 

CHAPITRE PREMIER. De la formation de la Propontide, Page 1 

CHAP. II. Voyage de l’embouchure du Bosphore de Thrace à celle de l’Hellespont, 4 

CHAP. III. Voyage du cap Sigée à l’isthme d’Hexamilia, 10 

CHAP. IV. Description de la presqu’île de Cyzique, 22 

CHAP. V. Description de Brousse, 28 

CHAP. VI. Voyage de Brousse à l’embouchure du Bosphore, par Nicée et Nicomédie, 33 

SECONDE PARTIE. 

CHAP. I.er Du Bosphore, 41 

CHAP. II. Des dimensions du Bosphore, 43 

CHAP. III. Des courants du Bosphore, 45 

CHAP. IV. Du village de Fondoukli, page 50 

CHAP. V. Du village de Bechik-Tash, 53 

CHAP. VI. Du village de Kourou-Tchesmé, 55 

CHAP. VII. Du village d’Arnaout-keu, 58 

CHAP. VIII. Du village de Balta-Liman (7e port de la Hache), ou l’ancien port des Femmes, 59

CHAP. IX. Du village de Boïouk-déré (vallée profonde) l’ancienne Bathykolpos, 61 

CHAP. X. De la côte du Bosphore, depuis Boïouk-déré jusqu’aux Cyanées d’Europe, 65 

CHAP. XI. De la rive asiatique du Bosphore, depuis les îles Cyanées jusqu’au Temple, 69 

CHAP. XII. Du Temple de Jupiter Urius, 71 

CHAP. XIII. De la montagne du Géant, 74 

Chap. XIV. Des rivages asiatiques du Bosphore, depuis Magiar-Bouroun jusqu’à Scutari, 76 

Chap. XV. De l’ancienne Chrysopolis (Scutari ), 78 

CHAP. XVI. De la ville de Chalcédoine (Kadi-keu), 80

TROISIÈME PARTIE.

CHAP. I.er Des régions ou quartiers de Constantinople, au tems des romains, 83 

CHAP. II. Des portes anciennes et modernes de Constantinople, 89

CHAP. III. De la Porte Dorée, page 97 

CHAP. IV. Des Murailles et des Tours de Constantinople, 102 

CHAP. V. Des Citernes de Constantinople, et de l’Aqueduc de Valens (Bosdoghan-Kemer, 105 

CHAP. VI. De Sainte-Sophie, 112 

CHAP. VII. De l’Eglise des Saints-Apôtres, et de celle de Saint-Jean Studius, 118 

CHAP. VIII. DU Phare de Byzance, et de l’Arsenal appelé Mangana, 122 

CHAP. IX. De l’Hyppodrôme, 134 

CHAP. X. Du Forum Augusteum ; d’une des colonnes de Théodose ; de celles de Justinien ; du Palais impérial, et du Sénat, 131 

CHAP. XI. Des Thermes d’Arcadius ; de la statue et de la colonne de Théodora, du Palais de Constantin (Tekyr-Seraï), 135 

CHAP. XII. Description particulière du port de Constantinople, des fleuves Cydaris et Barbyssès, ou des Eaux douces, 138 

CHAP. XIII. De l’ancien port de Théodose (Vlanga-Bostan) ; du port de Julien (Cadhirga-Limani), et du quartier appelé Condoscalé, 144 

CHAP. XIV. DU faubourg appelé Sika, aujourd’hui Galata ; et de l’Hebdomon (Eioup), 148

CHAP. XV. De la Colonne Virginale ; de la Colonne de porphyre ; des Colonnes triomphales de Théodose et d’Arcadius ; de la Colonne de Marcian, Page 152

CHAP. XVI. Siège de Constantinople par les turcs, sous Mahomet II, 161

QUATRIÈME PARTIE.

CHAP. I. Explication de la Carte, 169 

CHAP. II. Vue générale de Constantinople, 191 

CHAP. III. De l’intérieur de Constantinople, 198 

CHAP. IV. Du Sérail, 201 

CHAP. V. Du collège des Itchoglans (Galata-Seraï ), 207

CHAP. VI. De l’Hôtel des Monnoies, (Tarap-Hané), 211

CHAP. VII. De l’audience que le Grand-Seigneur accorde aux ambassadeurs étrangers, 215

CHAP. VIII. Du Palais du Visir (Visir-Seraï), 221

CHAP. IX. De l’Arsenal (Tersana), 224 

CHAP. X. De la Ménagerie (Aslan-Hané), 228 

CHAP. XI. Des Tavernes, des Cafés, et des boutiques d’opium (Teriaki-Hané), 229 

CHAP. XII. Des Bains, des Kans, des Bazars et des bézestins, 232.

CHAP. XIII. Des Hôpitaux des fous (Timar-Hané ) et de ceux des malades ( Tabi-Hané), page 237

CHAP. XIV. Des Ecoles publiques (Medressé) ; des Ecoles particulières (Mekteb ), et des Bibliothèques de Constantinople, 240

CHAP. XV. Du Château des Sept-Tours (Iedi-Kouléler), 244

CHAP. XVI. Des Cimetières, du Tombeau de Bonneval, et des Chapelles sépulcrales (Turbé), 251

CHAP. XVII. Des Eglises grecques, 257 

CHAP. XVIII. Des Quartiers et Faubourgs de Constantinople, 266 

CHAP. XIX. Des Mosquées, 279 

CHAP. XX. Du Kiosk de Kiat-Hana, ou des Eaux douces, 320

CINQUIÈME PARTIE.

CHAP. I.er Dimensions de la mer Noire. Nom des principaux fleuves qui s’y jettent, 329 

CHAP. II. De la Côte des Abazes, 332 

CHAP. III. De la Côte de la Crimée, 343 

CHAP. IV. De la Côte d’Oczakow, depuis la Crimée jusqu’au-delà du Danube, 348 

CHAP. V. De la Côte de Bulgarie et de Romélie, 369

CHAP. VI. De la Côte d’Anatolie, page 377 

CHAP. VII. Observations générales sur la mer Noire, 385

CHAP. VIII. Sur les moyens de défendre Constantinople d’une invasion du côté du canal de la mer Noire, 391