Tekirdağ (en bulgare Rodosto, en grec Rhaidestós) est une ville de Thrace (en Turc, Trakya) d'environ 100 000 habitants, sur les côtes de la mer de Marmara. 

Elle fut fondée dans l'Antiquité, fut appelée Bisanthe et fut la capitale d'un roi de Thrace, Seuthes vers 400 av. J.-C. Sinan y construisit la Rüstem Pasa Camii au XVIe siècle. Le prince hongrois François II Rakoczy (né en 1676), qui conspira contre les Habsbourg pour l'indépendance de la Hongrie, y mourut en 1735, après 18 ans d'exil. Un musée lui est consacré.

C'est également la ville natale du grand écrivain turc Namık Kemal (1840-1888).

Tekirdağ est réputée pour son rakı, une eau de vie à base de raisin et d'anis.

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Cette carte postale photographique colorisée date du début du XXe siècle. La vue est prise depuis la mer de Marmara.

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Emile Isambert, Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'Orient, Grèce et Turquie d'Europe, Hachette, 1873

Rodosto (en turc, Tekfourdagh, le mont du Seigneur) - Rodosto est l'antique Bisanthé, qui s'appela plus tard Rhaedestos, un de ces comptoirs dont l'activité commerciale des Grecs avait semé les côtes de la Propontide dès le VIe s. avant J. C. et sur lesquels l'histoire ne nous apprend rien. « Les barbares occupaient l'intérieur du pays, comme aujourd'hui les Turcs et les Slaves; ces cités avaient pour elles la mer qui était leur domaine et quelques champs autour de leurs murs. Les habitants faisaient le commerce; ils étaient comme aujourd'hui les intermédiaires des hommes de l'intérieur et des marchands étrangers. Moyennant une redevance payée aux rois Odryses, ces villes restaient libres chez elles. » (Alb. Dumont.) C'est encore la situation des communautés grecques qui sont en majorité sur cette côte.

Rodosto s'étage sur un amphithéâtre de collines. Vue de la mer, elle présente un aspect charmant; à l'intérieur, elle est comme toutes les villes turques, « partout des rues irrégulières, souvent en escaliers, toujours défoncées et semées de grosses pierres, partout de vastes cimetières plantés de cyprès, de longs murs sur lesquels s'élèvent des maisons ornées de chahnichine » (balcons fermés, véranda; d'après l'étymologie persane, le lieu où le shah s'assied).

En fait d'antiquités, Rodosto n'a à montrer que les restes d'un mur antique formé de pierres colossales; les anciennes digues byzantines qu'il serait facile de réparer pour former un port, qui manque à la ville; enfin l'église de la Panaghia Rheumatocratorissa (la Vierge Impératrice du torrent), ainsi nommée parce qu'au Moyen-âge la patronne du sanctuaire a dispersé des barbares sur les bords d'un ruisseau encaissé. On conserve dans cette église les tombeaux des chefs hongrois exilés à Rodosto, au début du XVIII* s., après la paix de Carlovitz. On lit sur ces tombes de longues inscriptions latines. Les magyars y viennent encore de Pesth en pieux pèlerinage. Il est évident que la ville de Bisanthé a dû se grouper autour du plateau qu'occupe cette église.

Le palais du gouverneur turc est une maison de médiocre apparence. Ce fonctionnaire n'a qu'une cinquantaine de zaptiés (gendarmes) pour tout le sandjak du Tekfourdagh (mont du Seigneur) dont Rodosto est le chef-lieu. Du reste, les Turcs sont ici en minorité, ils occupent les petits emplois du gouvernement et perdent chaque jour de leur importance. On compte à Rodosto 23000 habitants ainsi répartis : 13000 Turcs, 6000 Arméniens, 4000 Grecs, 500 juifs, 60 catholiques et 25 protestants. Chaque religion forme une communauté qui a sa vie propre. La communauté grecque, qui n'est pas la plus nombreuse, est celle qui l'emporte par son activité commerciale et surtout par le soin qu'elle prend de développer l'instruction...

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