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Catégorie : Villes et villages
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La rive asiatique a toujours été moins touristique et réputée moins riche en monuments que la rive européenne. C'est là que se trouve Üsküdar longtemps connu des Européens sous le nom de Scutari.

 Ancienne fontaine à Scutari

Carte postale envoyée par un militaire en 1919. Editée par Zellich fils éditeurs, n° 75. Anton Zellich, d'origine croate, père de cet éditeur, commença à travailler avec Henri et Jacques Cayol en 1840 qui avaient fondé la première presse lithographique de Turquie à Istanbul en 1831. Zellich succéda à Henri Cayol après sa mort en 1856. En 1869, il se mit à son propre compte.
Son fils prénommé Grégoire publie en 1895 à Istanbul une Notice historique sur la lithographie et sur les origines de son introduction en Turquie.
Cette photographie de la fin du XIXe siècle montre le fontaine qui se trouve à gauche de la mosquée Atik Valide Camii à Üskudar et qui existe toujours. Deux des personnages, une femme et un vieillard, habillés de manière traditionnelle, posent en regardant l'objectif.

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Eléments d'histoire

Situé en face d'Istanbul, l'ancienne ville de Chrysopolis, était nommée ainsi d'après le nom de Chrysès, fils d'Agamemnon et de Chryséis selon l'explication d'Etienne de Byzance, ou "ville d'or" (chrysos signifie "or" en grec) selon d'autres sources.
L'historien grec Polybe la mentionne comme une étape avant la traversée du Bosphore où les Athéniens établirent un péage.
Les Dix-Mille mercenaires grecs, dont l'expédition en Anatolie au IVe siècle av. J.-C. est racontée dans l'Anabase de Xénophon, s'y arrêtèrent pour y vendre leur butin.

324 : Victoire de Constantin sur Licinius, l'autre prétendant au trône impérial
626 : occupation par les Perses
710 et 782 : occupation par les Arabes
963 : Nicéphore Phocas se proclame empereur de l'empire byzantin à Chrysopolis.
1203 : occupation par les Latins qui vont conquérir Byzance
XIVe siècle, première moitié : conquête de la Bithynie par les Ottomans. Chrysopolis devient Üsküdar.
Après le XIVe : construction de marchés et de caravansérails.
Les derniers vestiges du port disparurent au commencement du XVIe siècle lors du règne de Soliman quand sa fille fit construire une mosquée qui porte son nom.

Les occidentaux lui donnent le nom de Scutari qui était déjà mentionné par l'historien byzantin Phrantzès. Ce nom viendrait du corps des scutarii, porte-boucliers, créé par l'empereur Valens. D'après Hammer (cité par Texier en 1861), ce nom est persan et correspond au mot persan astandar et signifie messager impérial (angari chez les Perses). Une étape pour les messagers perses avait été établie à Üsküdar dans l'Antiquité et fut conservée par les Romains.
Une autre explication est que ce nom vient de celui d'un palais de l'époque des Comnènes qui s'appelait le Scutarion.

Constantinople. Vue de Scutari au Bosphore.

Editeur Isaac M. Ahitouv, Constantinople. Vue de la rive asiatique à Üsküdar depuis la rive européenne. On aperçoit les deux minarets de la Nusretiye Camii dans le quartier de Tophane.

De l'autre côté, l'îlot de Kiz kulesi ou Tour de Léandre.

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Ancien quartier et bazar turc, Scutari

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Carte envoyée par un soldat français en 1921. Dans cette carte (photographie de la Neue Photographische Gesellschaft.) souvent éditée, nous n'avons pas identifié la rue qui est photographiée. A gauche,on aperçoit des tombes, à droite le minaret d'une petite mosquée.

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Istanbul, Üsküdar, Mihrimah Sultan Camii

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Carte postale envoyée en 1935

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Monuments d'Üsküdar

Üsküdar est construite au pied du mont Bulgurlu. Elle abrite un grand cimetière. C'est là que s'installèrent plusieurs confréries soufies.

La ville comptait, à la fin du XIXe siècle, 33 mosquées impériales, 16 tekke (couvents de derviches) et 4 églises (Cuinet, 1891-1894).

Mihrimah Sultan Camii, aussi appelée Iskele Camii, car située non loin de la mer, près d'un embarcadère, fut construite par Sinan en 1548 à la demande de Mihrimah, fille de Soliman le Magnifique.

La Yeni valide camii  (Cami valide cedid), fut construite par Ahmet III en 1708 pour sa mère qui mourut en 1715.

La Valide Atik Camii, construite en 1584 par Sinan, pour Nur-Banu, l'épouse de Selim II. Selon la légende, le sheikh de la confrérie naqchibendiye Abd ul-Kadir y vit, au XVIe siècle, Khizr, un personnage légendaire connu des musulmans qui avait un pouce dépourvu d'os avec lequel il pouvait graver le fer. Il aurait ainsi gravé des lettres sur une grille de la mosquée de Mehmet le conquérant à Istanbul et pourrait exaucer les voeux de ceux auxquels il apparaît (légende citée par Cuinet).

La Çinili camii, la mosquée des faïences, fut construite en 1641 par un élève de Sinan pour Mahpeker Kösem, femme de Ahmet Ier.

A lire
Vital Cuinet, La Turquie d'Asie, géographie administrative : statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie Mineure. Tome 4 . Paris, E. Leroux, 1891-1894