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Catégorie : Sites archéologiques et historiques
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Le Musée de Bursa, parmi ses riches collections, consacre une de ses vitrines, à Kibele [en français Cybèle] avec différentes sculptures de marbre la représentant, dans la période gréco-romaine.

Des cartouches fournissent une <carte d'identité> et suggère sa parenté avec Artémis, telle qu'elle est représentée, par exemple, au musée de Selçuk [Éphèse].

Kibele [prononcer Kibélé, en transcription française Cybèle], est en Asie Mineure une des formes de la Déesse Mère, maîtresse de la nature et symbole de fertilité.

Elle est aussi bien la déesse des sommets, des montagnes et des forêts, que du renouveau, du printemps et des eaux vives.
Son pouvoir s'étend sur les animaux sauvages. Dans beaucoup de ses représentations on la voit, assise sur un trône, accompagnée de lions couchés à ses pieds, tenant  dans ses mains cymbales et tambourins. Parfois même c'est elle qui chevauche un lion.
Déesse capable de punir, elle sait aussi être bienveillante et guérisseuse.

01 KIBELE

02 KIBELE

03 KIBELE

04 KIBELE

Ballihissar et le centre du culte

Une tradition veut qu'à l'origine le centre de son culte soit à placer dans une caverne du mont Dindymon, proche, selon le géographe Strabon, de l'ancienne Pessinonte, aujourd'hui Ballihisar, à une quinzaine de kilomètres au sud de Sivrihisar, dans la province d'Eskisehir.

Le roi légendaire Midas aurait fondé la cité et y aurait construit le premier temple consacré à Cybèle, au VIII ème siècle avant J.-C.

 

05 KIBELE

Extension du culte

La célébration du culte d'une Déesse Mère est attestée dès la période néolithique. En témoignent des figurations diverses : terre cuite, pierres gravées, sculptures, icônes en ivoire ou en os.

Le culte limité d'abord à l'Asie Mineure s'étend massivement à la fin du deuxième siècle après J.-C. lorsque, dans la perspective d'obtenir des alliés dans la seconde guerre punique contre Carthage, et de lutter contre les Macédoniens, Rome passe une alliance avec Attale, roi de Pergame. Il est alors décidé « d'importer » le culte d'une nouvelle divinité dans la religion romaine.
Une délégation se rend en Asie Mineure, à Pessinonte, afin de ramener en Italie la <pierre noire>, vraisemblablement un météorite, bétyle symbolisant Kibele. La pierre sacrée est acheminée jusqu'à Rome, où elle est finalement installée dans un temple construit à son intention, sur le Mont Palatin.
Des jeux, consacrés à la Grande Déesse, dits jeux mégalésiens, marqués par des représentations théatrales, sont institués et se déroulent chaque année, sur sept jours, à partir du 4 avril.