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Catégorie : Textes et extraits de textes
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Kaoudat kou Bilik, ou "La science de gouverner", manuscrit ouighour, préface.

Extrait de la Grammaire turque de Davids, 1836.

Louons Dieu, et offrons des actions de grâce au Tout-Puissant! dont la grandeur et la gloire sont sans bornes; qui est Roi de la Puissance, et Créateur du ciel et de la terre ; qui a donné à chaque corps une ame; qui fait tout par sa volonté. Dieu fait ce qu'il veut, et commande ce qu'il lui plait. Que la paix et les bénédictions de la Divinité restent sans fin, sur la Merveille de tous les siècles, sur le meilleur de tous les Messagers, le grand Prophète Mohammed Mustafa, et sur ses compagnons! Que les  bénédictions divines s'étendent aussi sur eux !

Ce livre est appelé le précieux Tang-Soûk. Les Sages de Tchîn l'ont orné de leurs vers. Les savants de Mâtchîn l'ont embelli de leurs discours; ceux qui les lisent dans ce livre comprendront leur utilité. Les savants de Tchîn et de Mâtchîn savent qu'il n'est pas de livre plus précieux; et que dans le pays de Turkistân il n'existe pas, dans la langue de Bokhârâ Khân, ni dans l'idiome turk, un ouvrage qui lui soit supérieur. Les sages sont d'avis qu'il doit être étudié par les rois, autant pour leur instruction que pour les jouissances du coeur (amusement). Ce livre est connu sous différente titres. Les Chinois rappellent Edeb-el Muloûk, "Les Moeurs des Rois." Les savants du royaume de Mâtchîn l'appellent Enîs-el Memileket, "L'Ami du Royaume." Les peuples orientaux, Châh Nâmehi Turkî,  "Le livre royal turk" ; par d'autres il est nommé Pend Nâmehi Muloûk,  "Les Conseils des Rois." Les naturels du pays le reconnaissant sous le nom de Kaoûdât koû Bîlîk, ou "La Science de Gouverner." Ce livre peut être comparé à une planète, qui détermine l'horoscope dès l'heure de la naissance. Ce livre n'a pas été composé dans le pays de Kachghar; mais il fut présenté au Khân de Tabakhtchân par un roi des pays orientaux  enfin, le Roi de Bokhârâ Khân, l'ayant divisé, ordonna qu'il portât le nom de son vezîr. C'est pourquoi le nom du vezir, Yoûsuf Khân Nedjîb y est attaché.

Cet ouvrage précieux est divisé en quatre parties principales. La première ne rapporte aux moyens d'administrer la justice ; la seconde traite du pouvoir du royaume; la troisième des sciences ; et la quatrième de la modération. Ces quatre vertus sont représentées par quatre personnes. La justice, ou le soleil levant, est représenté par Îlek, ou " le Roi" ; le pouvoir, ou la pleine lune, par Ôrkhtoûrmich ou "le Vezîr;" les connaissances figurent sous le nom d'Ôktoûlmich,  "Fils du Vezîr;" et tkoûrmich, "Frère du Vezir " représente la modération. Ces personnes se consultent, et parlent en dialogues. Que ceux qui étudient ce livre trouvent du plaisir à le lire, et qu'ils se souviennent de son Auteur dans leurs prières !