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Catégorie : Relations franco-turques
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Ce bref billet signé par l'ambassadeur de France, daté du 8 mai 1872, recommande Eugène Piot, collectionneur, érudit et historien de l'art, au destinataire.



Texte du billet
Ambassade de France près la Porte Ottomane
Constantinople, le 8 mai 1872
Monsieur, j'ai l'honneur d'introduire auprès de vous Mr Eugène Piot, amateur d'antiquités qui fait en Turquie un voyage de recherches et d'agrément. Je le recommande à toute votre sollicitude.
Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
Vogüé

On ignore à qui était destiné ce billet : peut-être à une personnalité ottomane ou à des Français résidant en Turquie.

Charles-Jean-Melchior de Vogüé (1829-1916), l'ambassadeur

Charles-Jean-Melchior de Vogüé (1829-1916), archéologue, historien, orientaliste, épigraphiste et diplomate, est l'auteur de nombreuses publications et fut membre de l'Académie française à partir de 1901. Il fut ambassadeur de France auprès de la Porte de 1872 à 1875.
En août 1853, après avoir visité la Grèce, il était passé par Istanbul avant de se rendre en Syrie et en Palestine.

"Aux premiers jours d'août [1853],  [Ch.-J.-M. Vogüé] aborde à Constantinople et fait connaissance avec l'ambassade française sans se douter qu'il devait y revenir comme chef une vingtaine d'années plus tard. Le 1er septembre, il quitte Stamboul pour la Syrie. [...]
[En 1872, la] paix signée, Thiers fit appel à son concours et l'envoya comme ambassadeur à Constantinople, dans ce milieu qu'il, connaissait si bien, dont il suivait les destinées depuis sa jeunesse ; nul mieux que celui qui, à vingt ans, dans presque toutes les lettres écrites à ses parents au cours de son premier voyage, les entretenait de l'état d'esprit des populations levantines, des ambitions des puissances européennes, des nécessités de notre politique orientale, n'était désigné pour devenir l'arbitre et le défenseur des intérêts français auprès du Sultan." (Cagnat René. Notice sur la vie et les travaux de M. le Marquis de Vogüé. In : Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 62ᵉ année, N. 6, 1918. pp. 442-473. www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1918_num_62_6_74080).

Réponse de M. José-Maria de Heredia Membre de l’Académie au discours de M. Le marquis de VOGÜÉ. Prononcé dans la séance du 12 juin 1902
"Vos quatre ans de séjour à Constantinople furent remplis par un labeur acharné. Vos dépêches sont demeurées célèbres. Les travaux archéologiques étaient votre seul relâche. Vous avez recherché vainement les bras de la Vénus de Milo. Un de vos anciens attachés m’a conté que rentrant à l’aube, un matin de 1er janvier au palais de Péra, il vous surprit dans votre cabinet fort absorbé par le déchiffrement de l’estampage d’une inscription chypriote. C’était votre façon de fêter la nouvelle année."

Eugène Piot (1812-1890)

Eugène Piot (1812-1890), collectionneur et historien de l'art, photographe, voyageur,  laissa, à sa mort, d'importants dons à la Bibliothèque nationale et au Musée du Louvre et sa fortune à l'Académie des inscriptions et belles-lettres qui publia les Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot.
"De 1864 à 1868, Piot résida surtout en Italie; mais, en décembre 1868, il partit pour l'Orient, visita Corfou, Athènes, Smyrne, Cypre, Beyrouth, Damas, Constantinople, et revint par Athènes et Naples ; il retourna en Grèce et en Turquie en 1872 et en 1874; il visita l'Égypte en 1881. " (Georges Perrot, Eugène Piot. In: Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, tome 1, fascicule 1, 1894. pp. 7-23 ; https://www.persee.fr/doc/piot_1148-6023_1894_num_1_1_1108). Il entretint une correspondance avec l'archéologue Henry Schliemann, le fouilleur du site de Troie.