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Catégorie : Biographies de personnages historiques
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Midhat Pacha (1822-1884), peu connu en France, est l'un des hommes politiques les plus importants de la fin du XIXe et l'un des réformateurs des Tanzimats.

Formé dans une école religieuse, mais ouvert à l'Occident et partisan de la modernisation de l'empire ottoman, il fut grand-vizir à plusieurs reprises, participa à l'instauration d'une constitution porteuse de grands espoirs, avant d'être exilé et assassiné sur les ordres du sultan Abdul Hamid.

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Midhat pacha, homme d'Etat ottoman, né en Bulgarie, en 1825, d'après les uns, à l'île de Chio en 1824, d'après d'autres, reçut une bonne instruction à Constantinople et entra, à l'âge de quatorze ans, dans l'administration civile, comme employé aux écritures. Second secrétairedu grand conseil, en 1856, il fut envoyé en Roumélie, avec la mission de réprimer le brigandage, qui s'y était organisé depuis la guerre deCrimée. Il remplit sa mission avec succès et fut chargé de diverses enquêtes sur la conduite des gouverneurs de Widdin et de Silistrie, sur l'état de la Bulgarie puis il partit pour l'Europe dont il étudia avec soin les institutions.
Elevé, en 1860, au rang de pacha et nommé gouverneur d'Uscup et de Prisrend, il y introduisit diverses réformes qui attirèrent sur lui l'attention du ministre Fuad pacha et le firent appeler à Constantinople, pour prendre part à l'élaboration d'une nouvelle loi sur les vilayets. Midhat pacha devint alors gouverneur de Bulgarie et, pendant cinq ans, déploya la plus intelligente activité ; il fit construire des routes et des ponts, ouvrit des écoles, des hôpitaux, etc. A la fin de 1867, il entra au ministère des travaux publics, mais devint bientôt suspect au parti vieux-turc. Gouverneur de la province Irak-Arabi, en 1868 il chercha à améliorer la navigation sur le Tigre et l'Euphrate. Il fut rappelé à Constantinople, en 1871,et nommé grand-vizir, le 31 juillet 1872. Il ne garda le pouvoir que deux mois et passa à l'opposition.

Cependant l'agitation des Slaves, favorisée par les Russes, devenait de plus en plus menaçante le grand-vizir Mahmoud pacha, accusé d'être dupe ou complice du général Ignatief, fut renvoyé, et Midhat entra dans ie cabinet en qualitéde ministre sans portefeuille, le 12 mai 1876.
Quelquesjours après, de concert avec ses collègues, Hussein-Avni et Mehemet Ruschdi, il déposa le sultan Abdul-Aziz. Le 16 juin, il échappa à une tentative d'assassinat en plein conseil. Le 31 août, Mourad V, le nouveau sultan, était à son tour renversé et remplacé par son frère, Abd-ul Hamid, et Midhat présentait un projet de constitution de l'Empire turc. Le 19 décembre, il remplaça, comme grand-vizir,Mehemed-Ruschdi, hostile à ses projets et promulgua la constitution du 23 décembre 1876, en cherchant à faire prévaloir une politique de conciliation et de paix au dehors.
Accusé par le parti vieux-turc, à l'instigation de la Russie, de vouloir proclamer la République en Turquie, il fut révoqué en janvier 1877, et banni du territoire de l'Empire, le 5 février. Il partit pour Brindisi, d'où il alla se fixer à Naples. En juin 1877, il visita Paris et Londres et d'autres pays de l'Occident.
En septembre 1878, il eut la permission de se rendre à Candie, et deux mois plus tard il fut nommé gouverneur général de Syrie, pour cinq ans, et en cette qualité proposa les réformes les plus urgentes  (juin 1880).
Midhat pacha a publié, pendant son séjour à Paris, la Turquie, son passé, son avenir (1878, in-8).

Notice publiée quelques années avant la mort de Midhat pacha, dans Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, 1880

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Ali Haydar Midhat Bey [fils de Midhat Pacha]
Midhat-Pacha, sa vie, son oeuvre
Paris, Stock, 1908
XXIII, 263 pages

Cet ouvrage, rédigé par un témoin direct, son fils, est un témoignage très intéressant et documenté sur sa vie et sa carrière.

Disponible gratuitement sur archive.org (au format pdf et djVu, mot-clé midhat)
Nous présentons ci-dessous la table des matières.


A compléter avec un autre document sur archive.org :
Un horrible assassinat commis sur l'ordre spécial du sultan Abdul-HamidII. Assassinat de Midhat Pacha d'après les documents officiels de laJeune Turquie publié par le comité ottoman d'Union et de Progrès.
Genève, Imprimerie  Rey et Malavallon, 1898.
45 pages
Ce texte court, publié par le journal "Osmanli" quatorze ans après la mort de Midhat Pacha, montre la grande hostilité des Jeunes-Turcs à l'égard du sultan Abdul Hamid et leur volonté de le déconsidérer aux yeux du public européen.

TABLE DES MATIÈRES

Préface de Monsieur J.-L. de Lanessan [ancien ministre de la marine].

CHAPITRE I

Lespremières années de Midhat Pacha. — Midhat dans les Balkans. —Gouverneur général de Nich [1861], Weddin et Silistré. — Les succès deMidhat dans la province du Danube. — Intrigue du général Ignatieff. —Organisation de la milice locale
1-13

CHAPITRE II

Midhat Gouverneur général du Bagdad [1869] et commandant du 6e corps d'armée. — Combat et réforme. — Finance. — Bassura Koweit et le Nedjed. — La conquête de Nedjed. — Abdul Kerim battu. — Sabre d'honneur envoyé par le Sultan Abdul Aziz et lettre du Grand Vizir Aali Pacha
14-27

CHAPITRE III

Premier Grand Vizirat de Midhat [1872]. — Les dépenses du Sultan Abdul Aziz . — Le Grand Vizir Mahmoud Nedim dérobe le Trésor public.
22-25

CHAPITRE IV

Midhat en disgrâce Gouverneur général de Salonique. — Président du Conseil. — Ministre de la Justice. — Sa lettre de démission. — Trouble en Herzégovine. — Massacre à Salonique. — Révolte des Bulgares. — Rencontre des deux Empereurs à Reichstadt. — Mémorandum d'Andrassy. — Le Sultan Abdul Aziz s'oppose aux réformes . — Lettre de Midhat au Grand Vizir. — Déposition d' Abdul Aziz. — La préparation du Coup d'État. — Sultan Murad. — Le capitaine Hassan commet un attentat criminel dans la maison de Midhat, le ministre de la guerre et d'autres ministres tués. — Suicide d'Abdul Aziz. — Sultan Murad tombe malade. — Conspiration de Damad Mahmoud Pacha. — Prince Hamid jure de respecter la Constitution. — Déposition du Sultan Murad. — Lettre de Midhat à sa femme
33-36

CHAPITRE V

Abdul Hamid Sultan. — Discours du Trône. — Les réformes. — Lettre du Sultan à Midhat et sa réponse. — Midhat et les difficultés. — Les réformes réelles. — La nouvelle Constitution [1876]. — Le droit du Souverain
67-81

CHAPITRE VI

Second Grand Vizirat de Midhat [1876]. — Sir Henry Elliot à Lord Duby. — Hatt Impérial à Midhat. — Les intrigues de l'opposition. — Echange de lettres entre le Sultan et Midhat. — Midhat et sa Constitution. — Le peuple en délire. — Son discours. — Sa visite au Patriarcat à Phanar. — La réception. — L'enthousiasme
82-98

CHAPITRE VII

La Conférence à Constantinople [1876]. — Conduite du général Ignatieff. — Le Grand Conseil refuse d'accepter les propositions de la Conférence. — Les Puissances et la nouvelle Constitution. — Lettres entre le Sultan et Midhat. — Galib Pacha et les Finances. — La question des écoles mixtes. — Midhat pose la question du Cabinet et envoie une lettre de protestation au Sultan. — Midhat exilé. — Les précautions du Sultan. — Le Prince Gortschakoff. — Les déclarations russes. — Circulaire du Prince Gortchakoff
99-127


CHAPITRE VIII

Midhat en Europe. — L'émotion causée par sa chute [5 février 1877]. — Discours du Sultan à l'ouverture du Parlement. — Déclaration de guerre. — Midhat à Naples, Vienne, Paris et Londres. — Midhat pose au Sultan la question de la paix avec la Russie — L'Angleterre et l'Autriche donnent leurs médiations. — Le Sultan refuse. — Lettre à Midhat sur la politique d'Italie. — Le Sultan appelle Midhat en Turquie. — Lettre entre Midhat et le Grand Maître cérémonie Kamil Bey
128-153

CHAPITRE IX

Le retour de Midhat en Crète [14 septembre 1878]. — (Question de sa nomination comme gouverneur de l'île)
154-157


CHAPITRE X

Midhat Gouverneur général de la Syrie [1879]. — Le Sultan s'oppose aux réformes [en Syrie]. — Midhat démissionne, le Sultan refuse de l'accepter. — Mémorandum de Midhat au Grand Vizir. — La révolte des Druses. — Echange de lettres avec la Porte. — L'envoi des troupes. — L'ordre rétabli par Midhat. — Midhat renouvelle sa démission. — Echange de lettres entre Midhat et le Sultan
158-178


CHAPITRE XI

Midhat Gouverneur général de Smyrne. — Le Sultan veut agir contre Midhat et massacrer sa famille. — Midhat se réfugie au Consulat de France. — L'arrestation [1881]
179-187


CHAPITRE XII

Procès de Midhat [accuséd'avoir fait assassiner le sultan Abdul Aziz]. — Sir Mackenzie Wallace.— L'accusation. — Midhat se défend. — Le Procureur général. — La Courd'appel. — Grand Conseil. — L'émotion. — Indignation de l'Europe. — Lettre à son fils Ali Haydar Midhat
188-208


CHAPITRE XIII

Débat du Parlement anglais sur le procès de Midhat. — Les questions posées. — M. M'Coan. — Sir Charles Dilke. — Vicomte Granville. — Comte de la War. — M. Stavely Hille. — Le Vicomte de Folkestone. — Sir H. Drumond Wolff — Ashmed Bartlett. — M. Gladstone. — M. J. Cowne. — Lord Stratheden et Campbel. — L'intervention de l'Angleterre
209-219


CHAPITRE XIV

L'exil de Midhat à Taïf. — Le Sultan travaille à le faire empoisonner. — Lettres alarmantes de Midhat à sa famille. — L'ambassadeur d'Angleterre fait des démarches. — L'arrestation du Grand Cherif de la Mecque. — L'assassinat de Midhat par ordre du Sultan [1884]. — Le Sheik-ul-lslam Haïroullah Effendi envoie à la famille de Midhat une lettre de condoléance. — Haïroullah Effendi, témoin du drame, donne des détails horribles sur le meurtre. — La tète de Midhat présentée dans une boîte au Sultan
220-241