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Catégorie : Biographies de personnages historiques
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CZAYKOWSKI (Michel), plus connu sous le nom de Sadyk-pacha [Sadık Paşa], miri-miran (commandant en chef) des Cosaques de l'empire ottoman, est né en 1808 au château de Hatezyniec (en Podolie) [Ukraine], domaine héréditaire de sa famille.

 Après avoir terminé ses études à Kryemienec, il entra dans l'aimée sous les ordres de son beau-frère Charles Rozynski, dans le régiment qui prit une part si glorieuse à la campagne de 1831 contre les Russes. Emigré en France l'année suivante, Czaykowski publia une série de contes et romans historiques qui eurent une grande vogue, et dont plusieurs furent traduits en français et en anglais.

En 1840, il se rendit en Turquie comme agent du prince Czartoryski, visita les Cosaques Zaporogues émigrés depuis près d'un siècle dans l'Asie Mineure, et se fixa ensuite à Constantinople, où il s'efforça de déjouer, dans plusieurs circonstances, les menées secrètes de la Russie et de contre-balancer son influence dans les provinces slaves de la Turquie d'Europe. Prévoyant le cas d'un conflit arme entre les deux empires, il fit une étude approfondie de l'état et des ressources de la Turquie, et soumit au gouvernement des mémoires manuscrits tendant à faire donner à la Turquie une forte organisation militaire, et rattacher les populations chrétiennes à l'empire en donnant satisfaction à leurs vœux légitimes.

Un pacha ottoman

La cour de Russie réclama à plusieurs reprises son renvoi de Constantinople sans pouvoir l'obtenir; enfin, en 1850, à la suite de l'échec qu'elle avait subi dans la question des réfugiés hongrois-polonais, elle renouvela sa demande avec une insistance telle que M. Czaykowski se crut contraint, pour échapper à son ennemie, de se faire musulman sous le nom de Sadyk. Lorsque la Turquie se vit forcée par les exigences de la Russie de lui déclarer la guerre, entraînant avec elle sur le champ de bataille les puissances occidentales, Sadyk, élevé au grade de pacha, fut alors chargé d'organiser le corps des Cosaques ottomans, qui s'accrut bientôt d'un grand nombre de déserteurs de l'armée russe. Il rendit des services signalés pendant le siège de Silistrie, en manœuvrant avec sa cavalerie, de manière à ravitailler la place. Dans la Dobrutcha, il défendit pendant pins d'une heure, avec un seul escadron, le passage du pont de Touttcha contre trois bataillons ennemis. Après l'expulsion des Russes des principautés, il fut nommé gouverneur militaire de Bucarest, et ne quitta cette capitale que pour prendre le commandement de l'armée turque en Bessarabie.

[En 1872, il fut grâcié par la Russie, se convertit à l'Orthodoxie et passa ses dernières années de sa vie à Kiev en Ukraine.]

Un écrivain romantique

Czaykowski n'est pas moins connu comme poète et comme romancier que comme soldat. Ses Contes cosaques, publiés en 1857, à Paris, et dont le style est brillant et hardi, ont introduit dans le roman polonais un nouvel élément de poésie et d'intérêt, les traditions et légendes des hommes de la steppe. Ils ont été traduits en français (Paris, Dentu, 1857, in-18) par M. Wladislas Mickiewicz [disponible sur les iet Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5813573r]. L'auteur a aussi donné une série de romans historiques : Nernyhora, Kirdjali, Etienne Csarnecki, l'Hetman de l'Ukraine, etc., publiés de 1837 à 1840, et dont il parut plusieurs traductions en français, en anglais et en allemand.

Cette notice est extraite de : Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains