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Catégorie : Anecdotes, récits...
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istanbul-tarabya-19390424-petit.jpgQuelques extraits de textes du XIXe siècles sur les oiseaux de la Turquie, pays dont la faune aviaire est riche et une carte postale représentant des oeufs peints envoyée en avril 1939 pour fêter la Pâque.

En Turquie, le rapport à certaines espèces d'oiseaux a toujours été particulier : hirondelles, cigognes et pigeons sont particulièrement respectés. Sans oublier les oeufs qui symbolisent la Pâque orthodoxe. 

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Carte postale envoyée de Beyoglu à Tarabya (Istanbul)  le 21 avril 1939, pour fêter la Pâques orthodoxe. Elle est écrite en Grec.

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Charles Macfarlane, Constantinople et le Turquie en 1828, trad. de l'Anglais…, 1829

Les cigognes , ces oiseaux de l'Orient dont parle si souvent l'Écriture, étaient en grand nombre dans le pays. Je ne me serais pas attendu à les voir si familières ; rarement elles se dérangeaient à notre approche ; elles continuaient à prendre avec leurs longs becs les vers du gazon qui bordait la route; et, lorsqu'elles se retiraient, elle ne paraissaient point prendre la fuite, mais elles s'en allaient d'un air majestueux à quelques pas de distance, et là , elles nous regardaient sans crainte, courbaient leur têtes sur leurs dos, ou entrelaçaient leurs longs cous avec une sorte de coquetterie.

[...] On sait aussi qu'ils ont une vénération toute particulière pour les cigognes. Rien n'est plus fait pour déplaire à un Turc que de maltraiter quelqu'un de ces oiseaux. Ils les appellent amis, frères, les frères et les amis de la race musulmane ; et, lorsqu'ils pouvaient encore aspirer aux conquêtes, ils assuraient que cet oiseau les accompagnerait partout où ils porteraient leurs armes victorieuses, malgré les variations de la température , la chaleur ou le froid.

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Les tourterelles, qui abondent dans cette partie de la Turquie, sont aussi aimées des Turcs et aussi familières; mais leur familiarité frappe moins que celle de ces oiseaux gigantesques.

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Ami Boué, La Turquie d'Europe, 1840

Les Hirondelles sont fort respectées par tous les habitants de la 'I‘urquie, tant chrétiens que mahométans et juifs ; ils regardent, comme nos paysans, les nids de ces oiseaux comme des gages de bonheur. Nous en avons vu jusque dans la salle de réception du pacha de Pristina. Les Rossignols se trouvent en quantité, surtout dans la Turquie méridionale ; les Alouettes et les Ortolans sont recherchés en Thrace et dans la Turquie méridionale pour la table des riches ; les Ramiers et les Tourterelles des bois sont abondants partout où il y a des bosquets ou des forêts ; les Poules d'eau et les Canards sauvages pullulent dans les grands marais; les Faisans habitent surtout la Thessalie. Les Cicognes abondent principalement dans les parties marécageuses des plaines de la Bulgarie , de la Thrace occidentale, de la Thessalie et de l'Épire. Il y a des villages dans la Thrace où chaque maison est garnie d'un nid de Cigognes.

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Xavier Heuschling, L'empire de Turquie, 1860

Les oiseaux de proie sont très-nombreux en Turquie, à cause des grands espaces de terrains incultes et de la quantité des cadavres d'animaux qu'on n'enfouit pas. Ces oiseaux détruisent beaucoup le petit gibier, et, dans les montagnes peu fertiles, les habitants leur font une guerre incessante pour protéger leurs champs de maïs. Les oiseaux de proie les plus communs sont les vautours et les faucons , principalement le grand vautour (Aasgeyer des Allemands); on y rencontre également des buses, des busards , des milans aux yeux noirs, des crécerelles, des hiboux, des chats-huants, des chouettes et des effraies. L'aigle impérial , l'aigle criard et le vautour fauve d'Égypte ne se montrent que dans les hautes montagnes.

Les marais et les bords des fleuves et rivières sont habités par une foule d'oiseaux aquatiques. Parmi les échassiers, on cite : les outardes, les pluviers, les vanneaux, les huitriers, les grues communes, les hérons, le grand courtier, le courlis, les bécasses, les bécasseaux, les râles, les poules d'eau, les foulques, etc. Les cigognes abondent principalement dans les parties marécageuses des plaines de la Bulgarie, de la Thrace occidentale, de la Thessalie et de l'Épire. Il y a dans la Thrace des villages où chaque maison est garnie d'un nid de cigogne.

Parmi les palmipèdes se trouvent le mergus podiceps, les goélands et les mouettes, les hirondelles de mer, le pélican, le cormoran, le harle huppé, les canards sauvages; les poules d'eau pullulent dans les grands marais; les dindes, les oies et les canards sont partout élevés avec les poulets et les pigeons.

Parmi les gallinacés, on cite le ramier, le pigeon grosse-gorge, le pigeon des rochers, la tourterelle, le faisan, le coq de bruyère, le francolin, la perdrix, la bartavelle, la caille.

Parmi les passereaux se trouvent les pies-grièches, les merles solitaires, les grives, les loriots, les rubiettes ou rouges-gorges, le rossignol, les fauvettes, les hirondelles de fenêtre et de cheminée, les martinets, les alouettes à ailes blanches, l'alouette des bois, les mésanges, les ortolans, les moineaux, le pinson, les chardonnerets, les linottes, l'étourneau commun, le corbeau, la corneille, la pie, les geais.

Parmi les grimpeurs, on cite les coucous, les pics, les huppes, les guêpiers et les martins-pècheurs.