Imprimer
Catégorie : Anecdotes, récits...
Affichages : 731

En octobre 1917, le Kaiser Guillaume II rendit une nouvelle visite à son allié ottoman pour lui montrer son attachement à l'alliance germano-turque. A cette occasion, le kaiser passe sur le pont de Galata pavoisé où la foule se presse pour le voir, lui et le sultan Mehmet V ainsi que d'autres dignitaires.

Photographies du pont de Galata le 15 octobre 1917

L'une des photographies montre l'arrivée du cortège sur le pont de Galata avec, au fond, la mosquée Yeni Cami (Valide Sultan Camii) dans la quartier d'Eminönü. A gauche, des marins forment la ligne. A droite, les drapeaux allemands et turcs flottent au-dessus de la foule qui semble composée surtout de femmes. Un attelage approche que l'on voit à l'arrière-plan.


L'autre photographie est prise depuis le côté opposé du pont, depuis Eminönü. Elle montre de dos un imam et au second plan, à sa gauche, une femme. On aperçoit aussi la foule et les marins côté droit cette fois.


Détails des photographies

Nombreuses silhouettes de femmes vêtues du yaşmak noir.

L'homme coiffé d'un fez qui marche devant les marins en regardant vers l'attelage qui arrive semble tenir un appareil photographique.

Un attelage traverse le pont.

Au premier plan, un imam, à l'arrière-plan, à droite de la femme, un militaire salue.

Dans la presse en octobre 1917

La presse française de l'époque rend largement compte de cette visite grâce aux dépêches de correspondants étrangers, surtout suisses.

Excelsior
16/10/1917
Aujourd'hui, le kaiser arrive à Constantinople
Bâle, 15 octobre. -  On mande de Constantinople :
« La ville est pavoisée pour recevoir le kaiser, qui doit arriver demain.
Le fils du sultan, Zia-Eddin effendi, l'ambassadeur de Turquie à Berlin et Enver pacha iront à la rencontre du kaiser, à la gare de Kutchuk-Tchekmedje, pour le saluer au nom du sultan.
Le sultan lui-même attendra le kaiser à la gare centrale. »

L'Echo d'Alger
25/10/1917
A travers la Presse étrangère
Le Kaiser à Constantinople
Du New-York Herald :
On mande d'Amsterdam qu'avant de partir de Constantinople, le kaiser a fait un voyage sur le « Gœben » et a visité les champs de bataille des Dardanelles et de Gallipoli.
Suivant M. Karl Rosner, correspondant de guerre spécial du kaiser, le spectacle a fait une grandiose impression sur le kaiser qui, une fois de plus, a saisi l'occasion d'exprimer sa haine violente contre les Anglais et d'expliquer à ses amis turcs que, sans l'aide de l'Allemagne, Constantinople n'aurait pas pu résister deux jours aux furieuses attaques des Alliés.
Le kaiser a déjeuné sous une tente militaire anglaise qui portait encore le nom de son fabricant anglais. Cet incident, dit le correspondant, a amusé tellement le seigneur de la guerre qu'il a fait placer l'étendard impérial devant la tente. Une circonstance qui s'ajoute à la splendeur de l'occasion a été que le kaiser portait pour la première fois l'uniforme de feld-maréchal turc.
Le kaiser a visité le tombeau du feld-maréchal von der Goltz, dans le jardin de l'ambassade allemande, à Thérapia, et a télégraphié immédiatement à la baronne von der Goltz :
« Je vous envoie une feuille de lierre prise sur la tombe de votre inoubliable mari. Je pense à lui avec reconnaissance et veux vous faire plaisir en vous envoyant ce souvenir. »

Corriere della Sera
19/10/1917
Cité dans "Le Document", 28/10/1917
A Constantinople on organise des banquets et des illuminations en l'honneur du kaiser. A la fin d'un dîner de gala, le sultan a accroché sur la poitrine de Guillaume II la grande étoile en brillants de l'ordre d'Iftikar, la plus haute décoration militaire turque. Le kaiser a conféré à son allié l'étoile en diamants et la chaîne de l'ordre des Hohenzollern, et il lui a fait cadeau d'un magnifique vase de la manufacture royale de Berlin.

Le Figaro
18/10/1917
Guillaume II à Constantinople
Le dîner aux étoiles
Bâle, 17 octobre.
Après avoir déjeuné hier au palais Yldiz, le Kaiser a fait une promenade sur le Bosphore jusqu'à Therapia, aux tombes du maréchal.von der Goltz et du baron Vangenheim.
Le Sultan a offert, dans le palais de Dolhagatsche [sic], un dîner de quarante couverts auquel assistaient notamment le prince héritier, von Kühlmann, le grand-vizir et Enver pacha.
Le Sultan a passé lui-même au cou du Kaiser l'étoile de diamant de l'ordre du Nicham Iftikar.
Le Kaiser a répondu en décorant le Sultan de l'étoile des Hohenzollern avec diamants.
Après le dîner, le Sultan et le Kaiser ont eu un entretien confidentiel avec Talaat pacha, Enver pacha, le grand-vizir et le ministre des affaires étrangères.

Agence républicaine d'informations politiques, financières, économiques
24/10/1917
A Constantinople, Guillaume II n'a rencontré aucune difficulté. Il était chez lui, puisque le gouvernement jeune turc est un organisme germanisé. Le nouveau « muchir » a payé son don de joyeux avènement, par la promesse d'un prêt important à la Porte, de la part de l'Allemagne.
Les pauvres Turcs, en échange, vont tenter, s'ils le peuvent, un nouvel effort.
Quel sera celui-ci ? Car, plus que tout autre de nos ennemis, l'empire ottoman semble bien à bout.