Imprimer
Catégorie : Anecdotes, récits...
Affichages : 9561

L'alimentation en eau de la ville d'Amasya a donné lieu à une légende dont l'enjeu est l'amour et le mariage. Le voyageur anglais Hamilton en a donné une version un peu différente de la version qui figure sur le monument construit à Amasya.

"J'ai déjà fait allusion à l'aqueduc le long de la route à l'entrée d'Amasya, et que Fontanier prit pour le cours d'eau mentionné par Strabon. Les Turcs d'Amasya ont une légende sur son origine [...]. L'histoire raconte que vivait dans ce quartier un jeune homme riche et puissant du nom de Ferhat, qui était amoureux d'une belle demoiselle d'Amasya. Il lui proposa le mariage, qu'elle accepta, à condition que ce dernier fournisse à sa ville natale de l'eau à partir d'une vallée lointaine, et effectue tous les travaux lui-même. Sans se laisser abattre par l'ampleur de la tâche, il se mit immédiatement au travail, et à en juger par le résultat, dut travailler dur pendant de longues années. Enfin, un jour, il rencontra une vieille femme qui, avec une curiosité toute turque, lui demanda ce qu'il faisait ; Ferhat lui raconta l'histoire de son amour, et qu'il espérait avoir bientôt achevé sa tâche; sur quoi elle répondit qu'il devrait arrêter de travailler inutilement, puisque la jeune fille, qui devait à cette époque avoir passé son soixante-dixième année, était morte. En entendant cela, il renonça à son entreprise, et bientôt mourut le cœur brisé ; il fut enterré avec l'objet de son amour sur le sommet d'une montagne voisine.

[adaptation par JMB d'après William J. Hamilton, Researches in Asia Minor, Pontus and Armenia, Londres, John Murray, 1842]"

DSCN9695

Sirin est à droite, Ferhat à gauche, entrain de travailler

La version donnée sur le monument est quelque peu différente. La bien-aimée s'appelle Şirin, elle est la soeur du sultan qui, malgré la construction de l'aqueduc, refuse de la donner en mariage à Ferhat. mais il n'est question ni du temps passé ni de la mort de la jeune fille.

Cette légende a été reprise et étudiée de nombreuses fois ; Nazim Hikmet a publié, en 1965, un livre intitulé Ferhat ile Şirin (Ferhat et Şirin).

© JMB 09/2010