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Catégorie : Relations franco-turques
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Alexandre Blacque fut un des promoteurs de la culture française en Turquie au début du XIXe siècle et aussi, parmi les français, l'un des Turcophiles les plus actifs.

Alexandre Blacque, nait  en 1794 à Paris selon certaines sources, à Marseille selon d'autres. Les notices qui lui sont consacrées au XIXe siècle ne mentionnent ni ses origines ni ses études. Il aurait suivi une formation d'avocat. Il s'exile en Orient après la Restauration. Il pense qu'il faut soutenir la Turquie face à l'empire russe et, pour cela, lui apporter les bienfaits de l'Occident.

Il s'installe à Izmir en 1825 et fonde dans ce but le Courrier de Smyrne remarqué par Mahmud II (1808-1839), le premier sultan à initier des réformes importantes.
Après la bataille de Navarin
(Pylos, ouest du Péloponnèse) qui se déroula le 20 octobre 1827, et qu'il considère comme une grave erreur, Blacque prend le parti des Turcs et s'en fait le défenseur auprès des Anglais et des Français qui, avec les Russes, ont aidé les Grecs. Le gouvernement français ordonne alors à l'amiral de Rigny de briser les presses du Courrier de Smyrne et d'arrêter Blacque.

Après avoir obtenu gain de cause auprès de la justice française, il revient à Constantinople où le sultan lui demande de diriger le Moniteur Ottoman, version française du Takvimi Vekâyi (calendrier des évènements), le journal officiel qu'il vient de créer  ; le premier numéro paraît le 5 novembre 1831. Le Français est à cette époque la langue de la diplomatie et cette publication, dont le tirage est de quelques centaines d'exemplaires dans cette langue, permet au gouvernement ottoman de faire connaître ses réformes.

Protégé par le ministre Hüsrev Mehmed Pacha et parfois conseiller, il résiste aux pressions du gouvernement russe qui le déteste, en particulier en 1832.
Il énonce nombre de propositions de réformes politiques qui furent parfois reprises.

En 1837, il est chargé par le sultan d'une mission secrète en France et en Angleterre, mais il meurt mystérieusement (certains disent peut-être empoisonné) à Malte, un mois après son départ. Il a alors 43 ans.
Le sultan lui rendit hommage, donna à sa veuve une pension et paya les études de son fils.

Le Moniteur ottoman fut repris par deux rédacteurs, puis, en 1848, par M. Rouet, professeur de Français.

Il joua un rôle important dans la diffusion du Français et de la culture française en Turquie. Il ne fut pas le seul journal en langue française à y paraître.