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Beaufort, Silifke et ses environs, 1817 Version imprimable Suggérer par mail
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Beaufort, Silifke et ses environs, 1817
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Silifke et du delta du Göksu vus par l'amiral Beaufort. A cette époque, Silifke est une petite bourgade que l'amiral Beaufort visita pas lui-même, mais dont ses officiers lui firent une description assez précise alors qu'il avait du rester sur son navire.

Extrait de Karamania or a brief description of the South coast of Asia-Minor, 1817

[Environs de Tasucu]
Agha-liman (Port Agha) est une petite baie abritée, qui servit pour le vaisseau la Scala, ou un port, à Selefkeh, alors que cette ville utilisait un port. Elle est commandée par une petite forteresse près de la rive ; un polygone irrégulier de huit ides, dont les murs sont épais, avec un chemin de ronde et un parapet entourant le sommet, mais sans canons, et flanqué de tours à chaque angle. Il est divisé en deux parties, dont l'une est occupée par  quelques misérables huttes, mais elles étaient toutes vides, les habitants s'étant retirés dans la montagne.

Dans l'histoire des Turcs par Grimstone, il y a un curieux récit de la prise de cette place, en 1613, par les Florentins ; il ajoute, mais on ne sait à partir de quelle source, qu'elle avait été l'une des principales bases des  pirates de Cilicie . [...]
Les ruines de l'ancienne Séleucie, maintenant appelé Selefkeh, bien que distantes de neuf miles, étaient visibles du navire ; les indigènes donnèrent une description pompeuse de leur grandeur, et Strabon aussi signale la qualité de la construction de cette ville : tout cela produisit un vif désir d'examiner ces ruines, mais mon temps était si bien occupé, que je résistai à la tentation, et envoyai un groupe d'officiers avisés pour rendre visite à l”Agha et  pour avoir un aperçu général de l'endroit. L'Agha les reçut avec beaucoup de mauvaise humeur, mais il s'avéra par la suite qu'il venait d'être effrayé par l'arrivée d'un message menaçant du pacha de Koniah. Il était, en outre, dans un mauvais état de santé, et demanda le chirurgien, qui, heureusement, avait accompagné notre petite ambassade, et c'est probablement grâce à sa prescription que les officiers furent ensuite autorisés à se promener sans restrictions.

Image
Silifke (Selefkeh) et la côte, carte du XIXe siècle

[Silifke]
Les restes de la ville ancienne sont dispersés sur une grande étendue de terrain, sur le côté ouest de la rivière. Cette rivière, autrefois le Calycadnus, et maintenant appelée Ghiuk Sooyoo [Göksu], ou rivière céleste, a environ 180 pieds de large [et traverse la ville], où un pont de six arches existe encore dans un état acceptable. Ils [les officiers] ont trouvé les restes d'un théâtre en partie taillé dans le flanc d'une colline, et face au sud-est, et en face d'elle, une longue ligne de ruines considérables, avec des portiques et d'autres grands bâtiments ; plus loin, un temple, qui avait été converti en église chrétienne, et plusieurs grandes colonnes corinthiennes, d'environ quatre pieds de diamètre, dont quelques-unes sont encore debout. Un quart de mile au sud du théâtre, à proximité d'une carrière de marbre, qui semble avoir fourni tous les matériaux pour la ville, il y a un grand cimetière, contenant plusieurs sarcophages de fabrication grossière, et dans une veine de pierre tendre sur le côté nord de la colline, ils ont découvert des catacombes qui, comme souvent, avaient été ouvertes et vidées. A ces deux endroits ils collectèrent diverses inscriptions, dont la plupart ont une croix à chaque extrémité, et, par conséquent, ne peuvent pas être d'une très grande ancienneté ; et il est remarquable que quatre alphas de forme différente sont  utilisés, ainsi que des epsilons courbes et carrés. L'inscription suivante à la mémoire de Marc-Aurèle Berenicianus, a été copiée à partir de la porte d'une catacombe ; on remarquera qu'une ligne à la base est effacée de la même façon qu'à Side.
Près des catacombes il y a un énorme réservoir, taillé dans cette pierre tendre; le toit est supporté sur une série parallèle de piliers carrés, et les côtés et le fond sont recouverts de terre (?). Ses dimensions sont de 150 pieds par 15, et 35 de profondeur.

[Citadelle de Silifke]
Sur une colline, à l'ouest de la ville, se trouvent les vestiges de la citadelle, de forme ovale, entourée d'un double fossé et d'un mur bien construit et flanquée de tours. L'intérieur est plein de maisons en ruines, parmi lesquelles des colonnes. Dans l'enceinte du château de Boodroom [Bodrum] nous avions vu des preuves abondantes de son appartenance aux Chevaliers de Rhodes, mais  de telles traces n'ont pas été observées dans cette citadelle [de Silifke]. De Jauna, toutefois, affirme qu'elle leur a été donnée par le roi d'Arménie, comme une récompense pour leurs services ; en foi de quoi, il cite un bref d'Innocent III déposé au Vatican.
On a trouvé ici deux inscriptions en Arménien, une à l'intérieur, et l'autre sur une plaque au-dessus de la porte extérieure : la première est gravée dans la pierre, et semble être écrite en Arménien commun, celui des livres, mais l'autre, dont une copie est reproduite en tête du présent chapitre, est en relief, et les caractères ressemblent à l'un des alphabets donnée par Claude Duret.

La ville moderne est un assemblage de huttes de boue et de bois, et la maison de l'Agha se distingue des autres.
Ce qui précède est un résumé des observations faites par les officiers. Ils sont retournés à Aghaliman tard dans la soirée, et furent un peu inquiets de ne pas trouver le navire: il s'était lancé à  la poursuite de petits navires armés qui virèrent en apercevant la frégate à l'ancre. [...]

A l'est de Aghaliman nous avons vu plusieurs châteaux en ruines, l'un d'entre eux qui commandait une petite crique, avait une apparence de force et de magnificence, avec une terrasse orientée vers la mer, des escaliers taillés dans le rocher, des tours avec des fenêtres en ogive, des logements, des chambres et des donjons.
Plus loin, nous avons trouvé près du bord de la mer les restes d'un bâtiment solide de 40 par 20 pieds; ses murs de marbre blanc ont quatre pieds et demi d'épaisseur, et une cloison intérieure soutient un toit plat, composé de neuf dalles immenses de neuf pouces d'épaisseur.


 
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