| Herbette, Une ambassade turque sous le Directoire, 1901 |
|
|
|
Une
étude très complète sur l'ambassade d'Esseid Ali Effendi à Paris, avant
et pendant l'expédition d'Egypte qui marqua une rupture dans les
relations franco-turques. Introduction et sommaire de cet ouvrage
disponible en ligne.
Maurice Herbette Une ambassade turque sous le Directoire. Avec neuf planches hors texte. Librairie Académique Didier, Perrin et Cie, libraires-éditeurs, 35, quai des Grands-Augustins, 1902 343 pages Disponibilité : archive.org et BnF Introduction L'ambassade d'Esséid Ali Effendi sous le Directoire ne mériterait guère de sortir de l'oubli où elle est tombée si l'intérêt des missions diplomatiques devait exclusivement se mesurer d'après les résultats qu'elles ont eus. Ce représentant de la Turquie en France a joué en effet un rôle politique très effacé, et il n'a exercé qu'une action restreinte sur le cours des événements. Il a assisté en spectateur impuissant à la rupture des relations séculaires d'amitié qui unissaient la France et le Grand Seigneur et il a été surpris tout le premier par l'expédition de Bonaparte en Egypte. La vie difficile qu'il amenée à Paris, gardé pour ainsi dire à vue, tandis que le Chargé d'affaires de France, Ruffin, était à Constantinople, enfermé au château des Sept-Tours, a profondément diminué son prestige et personne ne s'est étonné quand la Sublime Porte, non contente de lui infliger un désaveu mortifiant en refusant de ratifier les préliminaires qu'il avait conclus avec Talleyrand, lui a enlevé la satisfaction de négocier et de signer la paix définitive entre la France et la Turquie, Esséid Ali Effendi a donc été un ambassadeur malheureux : rien n'assurerait à son nom une place dans l'histoire s'il n'avait occupé quelque temps la France de sa personne et amusé tout un mois les Parisiens. En a-t-il fallu parfois davantage pour passer à la postérité ? Le succès d'Esséid Ali Effendi a été aussi complet qu'éphémère. L'ambassadeur ottoman a soulevé tout d'abord une véritable émeute de curiosité. La presse déjà libre et un peu satirique s'est emparée de lui : ses mots, ses gestes, ses attitudes ont été recueillis, notés, commentés ; il a révolutionné trois semaines la mode et fait tourner bien des têtes, il a enrichi les entrepreneurs de spectacles assez avisés pour solliciter sa visite. Puis soudain, personne ne l'a plus ni admiré, ni même regardé : l'attention publique s'est détournée de lui. Quelques brèves notices ont, de temps à autre, rappelé son existence, et son départ survenu en 1802, cinq ans après son arrivée, a passé inaperçu. Nul n'a pu apprécier mieux que ce Turc la mobilité des foules ; et si la gravité et la résignation habituelles aux Orientaux le lui ont permis, Esséid Ali Efîendi, rentré dans sa maison du Bosphore, a dû faire d'étranges réflexions sur l'inconstance, en Occident, des hommes, et surtout des femmes ! Commencée par simple curiosité personnelle, cette étude de l'ambassade d'Esséid Ali Effendi a pris un développement imprévu grâce à des conseils éclairés et à des concours précieux auxquels un reconnaissant hommage est ici rendu. Sans l'avoir souhaité, certaines questions d'histoire générale se sont finalement trouvées effleurées : celle des relations franco-turques sous le Directoire et celle de l'expédition d'Egypte qui fut la première manifestation du rêve oriental de Bonaparte.
Les Archives nationales (Série AF III)
et les Archives du ministère des Affaires étrangères (Correspondance
Turquie du t. 193 au t. 206 et Turquie, Supplément, t. 23) ont été
largement mises à contribution. MM. les Archivistes départementaux des
Bouches-du-Rhône, Drôme, Isère, Rhône,Saône-et-Loire, Seine-et-Marne,
Seine-et-Oise, Yonne, Var, Vaucluse, ainsi que MM. les Maires ou
Archivistes municipaux de : Aix, Autun, Auxerre, Avallon, Avignon,
Chagny, Chalon, Fontainebleau, Joigny, Lyon, Mâcon, Marseille, Melun,
Montélimar, MonLereau, Orange, Péage-de-Roussillon, Romans, Saulieu,
Sens, Toulon, Tournus, Valence, Versailles, Vienne ont eu l'obligeance
de communiquer le résultat de leurs investigations personnelles. M. le
Vice-Amiral, Préfet du 5e arrondissement maritime à Toulon, a bien
voulu prescrire également des recherches dans les archives de ses
services. Nous leur en adressons à tous nos remerciements.
Sommaire
Chapitre premier. — Création d'une ambassade ottomane en France. Nomination d'Esséid Ali Effendi.
|
| < Précédent | Suivant > |
|---|

