| Les Cantemir et la Porte |
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Demetrius
Cantemir (Kantemiroğlu, 1673-1723) écrivit un traité de musique et
trancrivit 350 compositions avec un système qu'il inventa, mais qui
n'eut pas de suite. Ce système s'inspirait de la notation de Nayi Osman
Dede (1652-1729), supérieur d'un monastère mevlevi, qui utilisait des
lettres de l'alphabet.
Pour plus d'informtions, on poura consulter : Nous avons modernisé une partie de l'orthographe.
Démétrius CANTEMlR, second fils de Constantin Cantemir, naquit en Moldavie le 26 octobre
1673. A quinze ans, il fut envoyé à Constantinople pour y remplacer,
comme otage, son frère Antiochus, et il y resta quatre ans. Il apprit
la langue turque, et introduisit chez cette nation l'usage de la musique
notée. Il fit ses premières armes en 1692, sous les ordres de son père,
au siège de Sorocz, sur le Dniester. A la mort de Constantin, ses
grandes qualités déterminèrent les barons de la province à le choisir
pour leur prince, quoiqu'il n'eût pas encore vingt ans ; mais
l'intrigue prévalut à la Porte Ottomane sur les services du père et le
mérite du fils : sa nomination ne fut pas confirmée, et il reçut
l'ordre d'aller vivre à Constantinople, où
il ne tarda pas à jouir d'une grande faveur. Nommé deux fois hospodar
de Moldavie, il eut toujours le crédit de faire donner cette
principauté à son frère Antiochus. Il l'avait accompagné en Moldavie,
!a première fois que ce prince alla prendre possession de sa dignité,
et, lorsqu'il eut été déposé par les intrigues de Brancovan Bassaraba,
Démétrius revint à Constantinople, et fit bâtir un palais dans cette
capitale : c'est alors qu'il commença son Histoire de l'empire ottoman.
Echappé aux manœuvres que Bassaraba, ennemi de la famille Cantemir, avait
employées pour le perdre, il fut nommé une troisième fois prince de
Moldavie,en novembre 1710. Pour s'assurer de son acceptation, la Porte
lui donna l'expectative de la principauté de Valachie. On lui promit,
en outre, qu'il conserverait toute sa vie la souveraineté de cette
province, et qu'il ne serait tenu à aucun tribut ou présent pour le
temps qu'il
resterait en Moldavie; mais à peine était-il installé, qu'il reçut
l'ordre d'envoyer à Constantinople les sommes d'usage pour son joyeux
avènement, et de tout préparer pour la guerre qui allait éclater
contre la Russie. Le prince, voyant le peu de fonds qu'il avait à faire
sur les promesses des Turcs, résolut de traiter avec le czar. Il fut
convenu que Demetrius joindrait ses troupes à l'armée de Pierre, et
que la Moldavie serait érigée en principauté héréditaire, dont il
jouirait, ainsi que sa descendance , sous la protection des empereurs
russes.
Démetrius Cantemir parlait
le turc, le persan, l'arabe, le grec moderne, le latin, l'italien, le
russe, le moldave, et il entendait fort bien l'ancien grec, le slave
et le français. Il était versé dans l'architecture, la musique, la
géométrie et dans les sciences philosophiques. L'académie de Berlin le
comptait au nombre de ses membres. Ses principaux ouvrages sont : I. Histoire de l'agrandissement et de la décadence de l'empire ottoman : l'original latin est demeuré manuscrit. J. L. Schmidt l'а traduit en allemand, Hambourg, 1745, in-4° ; Nicolas Tindal le traduisit en anglais, par ordre de la reine Anne, Londres, 1734, 2 vol. in-fol. , précédé de la vie de l'auteur ; de Jonquières l'a traduit en français, d'après la version anglaise, Paris, 1743, in-4°.; idem, 4 vol. in-12. Cette histoire, qui se divise en deux parties, va jusqu'à l'an 1711. On reproche à l'auteur d'y montrer peu de critique, et de n'avoir point consulté les historiens orientaux: néanmoins, cet ouvrage sera toujours consulté avec fruit ; la chronologie en est généralement exacte, et les noms propres n'y sont point défigurés comme dans la plupart des ouvrages de ce genre. II. Système de la religion mahométane, St.-Pétersbourg, 1792, in-folio, en allemand ; III. Histoire ancienne et moderne de la Dacie, en langue moldave, demeurée manuscrite ; le même ouvrage en latin (il fut perdu dans la mer Caspienne) ; IV. Etat présent de la Moldavie, avec une grande carte du pays, imprimé en latin, en Hollande. La traduction allemande, faite par le professeur J. L. Redslob, de Berlin, a été insérée par Busching dans son Magasin pour l'histoire moderne et la géographie, et a été imprimée à part, Francfort et Leipzig, 1771, grand in-8°., avec une carte, et la vie de l'auteur. V. Histoire des familles Brancovan et Cantacuzène, manuscrit in-4°, écrit en langue moldave ; on l'a traduit en russe, de russe en allemand, et de l'allemand en grec moderne. VI. l'Histoire des mahométans, depuis leur prophète Mahomet jusqu'au premier sultan des Turcs : cet ouvrage s'est perdu dans la mer Caspienne. VII Notice sur les portes Caspiennes et autres antiquités du Caucase, souvent mise à contribution par Bayer dans sa dissertation De muro Caucaseo, insérée dans les Mémoires de l'académie de St.-Pétersbourg ; VIII. Introduction à la musique turque, en moldave, in-8°. Suivant Toderini, Cantemir, à la demande de deux ministres puissants, composa en turc un traité de musique, et le dédia au sultan Ahmed III. Les notes y sont indiquées en lettres et en nombres turcs. Cet ouvrage a joui chez ce peuple d'une grande célébrité; mais la routine a fini par reprendre le dessus. On lit dans Fétis, Biographie universelle des musiciens, 1866 : "Villoteau affirme, dans ses Mémoires sur la musique des Orientaux, que les signes dont parle Cantemir sont aujourd'hui absolument inconnus aux Turcs. On a aussi de ce prince Introduction à la musique turque, еn moldave; manuscrit in-4°, qui se trouve à Astrakan." D. N—L. Carte de la Moldavie..., 1700
====================================================== extrait de la Biographie universelle de Michaud, 1813 |
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